Pour les sports de combat, « l’objectif est de pouvoir reprendre en septembre »

Encore contraints par les restrictions dues au coronavirus, le karaté, la lutte et les autres disciplines de combat espèrent désormais un retour à la normale.

Par Publié le 05 juin 2020 à 06h00

Temps de Lecture 3 min.

Steven Da Costa à l’entraînement, au début du mois de mai 2020, chez lui à Mont-Saint-Martin.

Chez les Da Costa, le karaté est une affaire de famille. Une famille qui accumule les médailles européennes et mondiales grâce à une fratrie talentueuse : les jumeaux Steven et Jessy, et l’aîné, Logan. Le gène karaté des Da Costa ne se limite pas à cette génération puisque le père Michel, également ceinture noire, les entraîne dans la salle municipale, dont il s’occupe dans leur fief de Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle).

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De quoi offrir quelques facilités à l’heure du coronavirus : même durant le confinement, les trois frères n’ont jamais cessé de s’entraîner. « Grâce au maire, nous avons eu la salle à disposition, à seulement 50 mètres de chez nous. On a eu la chance de pouvoir continuer à s’entraîner en famille », raconte Steven Da Costa, champion du monde des – 67 kg et seul karatéka français à être déjà qualifié pour les Jeux olympiques (JO) de Tokyo, reportés à 2021 à cause de la pandémie de Covid-19.

La première phase de déconfinement, le 11 mai, puis la deuxième, entamée le 2 juin, n’ont donc, pour le moment, pas bouleversé le quotidien de la famille Da Costa. Ni plus généralement celui des pratiquants de sport de combat.

Entraînement individuel autorisé

Le 28 mai, le premier ministre, Edouard Philippe, a parlé d’« un retour progressif de la vie sportive » et a seulement autorisé la réouverture des salles de sport, des gymnases et des piscines dès le 2 juin en zone verte, à compter du 22 juin pour les zones orange (Ile-de-France, Guyane et Mayotte). Mais la pratique des sports de contact n’est, elle, pas encore autorisée. Seul l’entraînement individuel, par groupe de dix, le demeure.

« Pendant des années, j’ai fait de la préparation physique spécifique combat sur une terrasse, avec des gestes d’enchaînement pied-poing. Un professeur avec dix élèves peut travailler ainsi en rythme. Ce genre de choses est possible », explique Dominique Charré, directeur technique national de la Fédération française de karaté.

Dans le même esprit, le président de la Fédération française de lutte, Alain Bertholom, met en avant, en cette période de contraintes, le wrestling fitness, sorte de préparation physique adaptée aux lutteurs. Celui qui préside aussi la Confédération des arts martiaux et des sports de combat n’attend pas un grand changement : « Est-ce que les maires vont prendre la peine d’ouvrir leurs salles pour trois ou quatre semaines, alors que ça va demander de gros efforts, notamment pour les désinfecter ? Cela dépendra de leur appétence pour le sport. »

A Mont-Saint-Martin, Michel Da Costa, dont le club compte 155 licenciés, reste lui aussi prudent. « Si on était un club spécialisé dans le kata [enchaînement de techniques contre un adversaire imaginaire], je ferais peut-être revenir du monde, mais on est un club spécialisé sur le combat… Alors, avec des distances d’un mètre à respecter, ça ne va pas être possible, raconte-t-il. On fera peut-être revenir les plus jeunes pour quand même les faire bouger. Ils nous manquent. »

« Rassurer les parents »

A un mois des grandes vacances, l’enjeu consiste, désormais, plus à s’assurer de la possibilité d’une reprise à la rentrée. « On est impatient d’avoir les directives pour septembre. Si demain on a le droit de revenir à la normale, on restera ouvert cet été pour tous nos licenciés, espère Michel Da Costa. La crainte est qu’avec toutes ces histoires, certains de nos plus jeunes ne reviennent pas. » Une préoccupation que partage Alain Bertholom :

« L’objectif est de pouvoir reprendre en septembre. L’objectif est de rassurer les parents des plus jeunes sur le fait que leurs enfants pourront reprendre une activité en toute sérénité. »

En attendant de connaître l’impact éventuel sur le nombre de licenciés, les fédérations de sports de combat continuent de se préoccuper de leurs athlètes de haut niveau, qui, s’ils se sont tous débrouillés du mieux possible pour maintenir leur condition physique, souffrent aussi de l’incertitude quant à leur calendrier.

« On attend les dates des prochaines compétitions. Comme il n’y a pas d’objectif proche, on a un peu levé le pied », lance le karatéka Steven Da Costa. Son directeur technique national, Dominique Charré, confirme : « J’ai discuté avec beaucoup de mes collègues qui étaient très pressés de remettre au travail leurs athlètes, mais la réalité, c’est que vous ne pouvez pas entraîner des sportifs de haut niveau sans objectif à moyen terme. »

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Même chose à la lutte, où le président Alain Bertholom espère pouvoir proposer « des tournois internationaux de préparation dès octobre-novembre » à ses lutteurs, point de départ idéal à la préparation des prochaines échéances en 2021 : les tournois de qualification olympique qui n’ont pas pu aller à leur terme cette année. Dans l’hypothèse, bien sûr, où la pandémie ne connaîtrait pas d’ici là un rebond.

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