JO de Tokyo : le président du CIO dit n’avoir aucun regret quant à sa gestion de la crise

Lors d’une conférence de presse, mercredi, au lendemain du report des Jeux olympiques, Thomas Bach a été confronté aux critiques émises par certains athlètes.

Par Publié le 25 mars 2020 à 13h42 - Mis à jour le 25 mars 2020 à 14h36

Temps de Lecture 3 min.

Thomas Bach, président du Comité international olympique, à Lausanne, le 25 mars 2020.
Thomas Bach, président du Comité international olympique, à Lausanne, le 25 mars 2020. Denis Balibouse / AP

« Avez-vous songé à démissionner ? » « Non. » Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, n’a exprimé aucun regret sur sa gestion de la crise du coronavirus et des Jeux olympiques de Tokyo, lors d’une conférence de presse téléphonique, mercredi 25 mars.

Les JO ont été reportés à 2021 – printemps ou été, cela reste à définir – à l’issue d’un entretien téléphonique, mardi, entre le premier ministre japonais, Shinzo Abe, et Thomas Bach. Le mot « report » n’a été employé pour la première fois que dimanche soir, après un mois d’assurances sur le fait que les Jeux auraient bien lieu aux dates prévues malgré la rapide expansion de la pandémie.

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Le champion olympique d’escrime à Montréal, en 1976, fait l’objet de critiques de la part des organisations d’athlètes, à l’exception de la commission des athlètes du CIO, considérée comme inféodée à l’instance olympique.

Des sportifs reprochent au CIO de s’être longtemps accroché à l’hypothèse de Jeux organisés cet été, quand leurs conditions de vie ne leur permettaient pas de s’entraîner correctement et quand les règles de qualification devenaient de plus en plus incertaines.

Interrogé à plusieurs reprises sur ces reproches émis, en ordre dispersé, par la communauté des athlètes, Thomas Bach a défendu pied à pied sa stratégie, reposant selon lui sur les seules analyses de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« Il faut considérer l’ensemble de la séquence, a-t-il dit. Je leur ai adressé une lettre expliquant notre position, prenant en compte leur incertitude. Nous n’avons en aucun cas négligé ou ignoré cela. Il y a eu beaucoup de contacts avec les représentants des athlètes. »

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Le 18 mars, répondant aux nombreuses interrogations d’athlètes sur les réseaux sociaux, Thomas Bach avait organisé avec 220 représentants de sportifs du monde entier une réunion jugée « extrêmement constructive », de son point de vue.

« Pas une seule voix n’a demandé le report des Jeux lors de cette réunion, a justifié M. Bach. Les questions portaient sur les qualifications, les conditions d’entraînement, la santé mentale des athlètes. »

La veille, toutefois, une voix que l’Allemand ne pouvait ignorer, celle de la hockeyeuse canadienne Hayley Wickenheiser, membre de la commission des athlètes du CIO, s’était élevée, jugeant l’institution « insensible et irresponsable ».

A l’issue de cette conférence téléphonique, Thomas Bach et la présidente de la commission des athlètes du CIO, l’ancienne nageuse zimbabwéenne Kirsty Coventry, avaient insisté sur le fait que les JO devraient pouvoir se tenir à la fin juillet. Tout en rappelant que la priorité était la santé des athlètes et l’endiguement de la pandémie.

Un basculement en quarante-huit heures

Ce même 18 mars, selon un décompte réalisé par l’Agence France-Presse, plus de 200 000 personnes dans le monde étaient officiellement atteintes du virus, qui avait fait plus de 8 000 morts. Un demi-milliard de personnes étaient alors confinées chez elle, et un premier décès était signalé en Afrique et en Russie.

L’Afrique doit « se réveiller » et se « préparer au pire », prévenait ce jour-là le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelant la planète à se « rassembler » contre cet « ennemi commun, un ennemi de l’humanité ». Le lendemain, la flamme olympique, à Athènes (Grèce), avait été transmise aux représentants japonais et transportée en avion à Tokyo.

Dans un long développement introductif, Thomas Bach a toutefois détaillé et défendu le timing de son revirement, intervenu entre dimanche et mardi, et laissé entendre que c’est bien le CIO qui avait lancé la discussion sur un report.

« Depuis le début, nous disions que nous surveillions la situation au jour le jour et que nous nous adapterions à tout éventuel changement, et que nous suivrions les conseils de l’OMS. (…) Dimanche matin, nous avons vu les chiffres pour l’Afrique, en particulier, où nous sommes au début d’une épidémie. Les chiffres sont bas, mais beaucoup de pays sont touchés. La dynamique est mauvaise également en Amérique du Sud et aux Etats-Unis. »

Le patron du CIO a expliqué avoir alors « convoqué une réunion d’urgence de la commission exécutive pour ouvrir la discussion sur un report avec nos partenaires et amis japonais ». Selon son récit, le comité d’organisation et le Japon « étaient d’accord pour envisager différents scénarios, après qu’on leur eut confirmé qu’une annulation ne serait pas envisagée ».

Le fait que « quelques heures après des nouvelles alarmantes sont arrivées » a conduit le CIO à « recontacter lundi le comité d’organisation et à lui dire qu’à la lumière de ces nouveaux développements, il aimerait lui proposer de prendre une décision sur le report dès mardi, lors d’une discussion avec Shinzo Abe ».

Au cours d’un échange téléphonique, mardi, avec le premier ministre japonais, ce dernier a « lui-même, suggéré un report ». « Nous avons suivi nos principes d’adaptation à la situation, comme nous l’avions dit depuis le début. »

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