Ligue des champions : Erling Haaland, l’artificier du Borussia Dortmund

Le jeune attaquant norvégien, recruté cet hiver par le club de la Ruhr, impressionne depuis ses débuts, et sera un atout de poids face au PSG en huitièmes de finale.

Par Publié le 18 février 2020 à 06h00

Temps de Lecture 4 min.

Nouvelle recrue des « Borussen », Erling Haaland a déjà inscrit neuf buts pour Dortmund.
Nouvelle recrue des « Borussen », Erling Haaland a déjà inscrit neuf buts pour Dortmund. LEON KUEGELER / REUTERS

« Je ne pense pas qu’on ait eu ce type de buteur depuis Lewandowski. » En comparant Erling Haaland au prolifique attaquant polonais, le capitaine du Borussia Dortmund, Marco Reus, ne s’est pas trompé. Le jeune buteur norvégien, débauché cet hiver à Salzbourg après avoir survolé la phase de groupes de la Ligue des champions (huit buts en six rencontres), semble de la trempe des tout meilleurs.

Son incorporation à la pointe de l’équipe est un ajout de poids pour les Schwarzgelben (noir et jaune). Déjà auteur de neuf buts en six matchs depuis son arrivée, il devrait peser face au Paris-Saint-Germain en huitièmes de finale de la compétition européenne, dont le match aller se déroule mardi 18 février (retour le 11 mars).

« Il a continué. A chaque niveau auquel il accédait, il empilait les buts », Alf Ingve Berntsen

« D’entrée, il a planté deux buts. » La première fois qu’Alf Ingve Berntsen a vu Erling Haaland, l’hiver norvégien battait son plein. Agé de 5 ans et demi, le gamin avait participé à un test en indoor, à l’abri des frimas, avec des enfants d’un an ses aînés. « Il a continué. A chaque niveau auquel il accédait, il empilait les buts », se souvient au téléphone l’ancien formateur de Bryne, dans le sud du pays, qui a entraîné le joueur pendant près de dix ans.

« A partir de 12 ans environ, il a décrété qu’il allait devenir l’un des meilleurs, poursuit Berntsen, qui se rend rapidement compte que le jeune homme est une pépite à polir. Il a travaillé pour y parvenir. » Outre les entraînements en club, Erling Haaland multiplie avec un groupe de joueurs – dont plusieurs atteindront également le haut niveau – les parties de trois contre trois sur un petit terrain intérieur. « Ils ont énormément bossé leur technique, presque à la manière du football de rue que l’on retrouve dans certains quartiers en France ou en Angleterre », ajoute le technicien.

Rythme calqué sur les professionnels

Fils d’un ancien défenseur international, Alf-Inge Haaland, qui a notamment joué pour Leeds – où Erling est né – et Manchester City, le jeune homme adopte très jeune un rythme calqué sur les professionnels, notamment en matière d’alimentation et de récupération.

Tout va très vite dans la galaxie du Norvégien, aujourd’hui âgé de 19 ans. S’il ne brûle pas les étapes, Haaland est déterminé, comme peut l’être un Kylian Mbappé, à atteindre les objectifs – très hauts – qu’il s’est fixés. Surclassé toute son enfance, et ayant fait le tour de Bryne, il quitte son cocon du sud de la Norvège à 16 ans pour le Molde FK, bien plus au nord. Là, cornaqué par l’ancien buteur international Ole Gunnar Solskjaer, il progresse, et perce dès sa seconde année.

« C’était dingue, il me racontait qu’il devait engloutir trois dîners chaque jour », Tord Salte

Il pousse également physiquement, atteignant 1,94 mètre, lui qui était resté gringalet jusqu’à ses 14 ans révolus. Il se muscle, aussi. « En six mois, il a gagné près de 15 kg, relatait en janvier son ancien partenaire (et ex-pensionnaire du centre de formation de Lyon), Tord Salte. C’était dingue, il me racontait qu’il devait engloutir trois dîners chaque jour. Mais c’est comme ça qu’il est devenu cet énorme monstre. »

Rapide, technique et physique, le grand Scandinave attire l’attention de la galaxie Red Bull, dont les scouts scrutent les talents du monde entier. A l’hiver 2018-2019, il quitte la Norvège pour Salzbourg, en Autriche, club étendard de la firme de boisson énergisante. Après six mois d’adaptation, il se met à inscrire plus d’un but par rencontre.

Au Mondial des moins de 20 ans, il se distingue, fin mai 2019, avec neuf buts lors de la victoire norvégienne face au modeste Honduras en phase de groupes. « Franchement, j’aurais dû en marquer dix », déclare-t-il avec un sourire, après ce match. Toujours en chasse de l’occasion de marquer, il assure « garder cet état d’esprit » dès qu’un ballon traîne dans la surface.

Dortmund, « la meilleure option »

Un an et puis s’en va. Courtisé par les plus grands clubs du continent, y compris Manchester United, dont l’entraîneur, son ancien mentor Ole Solskjaer, s’est déplacé pour tenter de le convaincre, le jeune buteur choisit la Ruhr – « la meilleure option » pour poursuivre sa progression.

« Merde ! » Voilà ce qu’a immédiatement annoncé Max Eberl, le coach du Borussia Mönchengladbach, concurrent direct de l’autre Borussia pour les premières places de Bundesliga, le championnat allemand, quand il a appris le transfert du jeune Norvégien. « C’est la pièce manquante du puzzle, ils ont réussi un sacré coup. »

Car si le jeu offensif de l’équipe de Lucien Favre était léché, grâce notamment à l’éclosion de l’Anglais Jadon Sancho (12 buts et 14 passes décisives depuis le début de la saison), Dortmund péchait souvent dans la finition. Beaucoup moins depuis que le nouveau numéro 17 a débarqué – auteur d’un but sur chacun de ses sept premiers tirs cadrés.

Le coach américain de Salzbourg, Jesse Marsch, n’est guère surpris par cette réussite. « Erling a toujours été un grand joueur. Si Dortmund continue de l’alimenter en ballons aux abords des cages, il marquera des buts à la pelle », estimait-il, après le premier match du Norvégien sous ses nouvelles couleurs.

Les Parisiens sont prévenus. Ce grand blond aux chaussures rouges entend poursuivre sa moisson.

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