A Firminy, on tape le cuir contre les discriminations

Depuis 2006, le club de football de cette ville proche de Saint-Etienne renforce son engagement social en accompagnant des jeunes de quartiers difficiles.

Par et Benoît Pavan Publié le 04 avril 2013 à 17h04 - Mis à jour le 04 avril 2013 à 17h04

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Journée de lutte contre les discriminations, organisée par le club de football du FCO Firminy Insersport.
Journée de lutte contre les discriminations, organisée par le club de football du FCO Firminy Insersport. Sylvain Frappat pour Le Monde

A Firminy, commune de 20 000 âmes située à une poignée de kilomètres au sud-ouest de Saint-Etienne, les habitants sont administrativement désignés comme les "Appelous" depuis le XIXe siècle. Un clin d'oeil à l'histoire de la ville, plus précisément au tablier en peau de bête, la "pelou", jadis porté par les cloutiers de cette ancienne cité minière à l'identité ouvrière bien trempée, aujourd'hui durement touchée par la crise.

S'il est une autre référence au passé de Firminy qui ne manque pas de singularité, à l'instar du projet urbanistique imaginé dans les années 1960 par Le Corbusier, c'est bien le Football club olympique Firminy (FCO). Créé en 1940, ce club cosmopolite, où évoluent quelque 380 licenciés, a décidé d'opérer un virage social d'envergure il y a sept ans. L'initiative fait aujourd'hui du FCO l'un des moteurs des efforts d'insertion par le sport engagés par la municipalité.

Tout débute pourtant par un épisode de fortes turbulences que les dirigeants du club évoquent encore aujourd'hui avec amertume. En 2006, toutes les sections du FCO, notamment celles accueillant les plus jeunes, sont pleines à craquer. "Nous avions atteint nos limites de fonctionnement. Nous avons été contraints de refuser des gamins", se souvient Jacques Cuq, 50 ans, président du FCO Firminy. Une rumeur laisse entendre que le club a volontairement écarté les enfants issus de l'immigration. "On nous traitait de racistes. Nos murs ont été tagués d'insultes", raconte Jacques Cuq, qui décide alors, pour rétablir l'image du club, de renforcer son engagement social. L'idée est d'aller au pied des barres d'immeubles, dans les MJC et les centres sociaux, au contact des jeunes des quartiers difficiles, souvent éloignés de la pratique du football en club, pour y organiser des matchs et rompre leur isolement. Des liens sont noués avec ces structures, mais l'entente est fragile car l'image véhiculée par le FCO est encore trouble et la municipalité se montre réticente. Un an plus tard seulement, le projet est intégré à la politique de la Ville et bénéficie de financements.

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