Baccalauréat « option Covid » : la « fabrique des notes » en question

Après la crise sanitaire, la France a choisi une évaluation ne reposant que sur le contrôle continu. Un système qui avait déjà fait craindre par le passé une « rupture d’égalité ».

Par Publié le 24 juin 2020 à 06h16 - Mis à jour le 24 juin 2020 à 13h51

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Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale, le 23 juin.

En cette fin d’année scolaire bousculée par la crise sanitaire, alors qu’écoliers et collégiens ont repris le chemin de l’école, le retour en cours des lycéens continue de se faire au compte-gouttes. Et les élèves de terminale sont privés du « rituel » vers lequel convergent, d’ordinaire, tous les regards à la fin du mois de juin : le baccalauréat.

Officiellement, ils le passent, pourtant. Mais alors que d’autres pays, confrontés au Covid-19, ont conservé quelques épreuves de fin de cycle, comme l’oral en Italie, la France a opté pour une évaluation reposant uniquement sur le contrôle continu. Autrement dit, sur la moyenne des moyennes des deux premiers trimestres de l’année scolaire.

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Oubliées, les épreuves terminales. Oubliées, aussi, les notes postérieures au 16 mars – celles obtenues durant le confinement – qui ne seront pas prises en compte, à l’inverse de l’« assiduité » des candidats que les enseignants ont été invités à valoriser. Un virage inédit justifié par des conditions qui le sont tout autant.

Introduit dans le baccalauréat « nouvelle formule » à l’horizon 2021 (mais à hauteur de 40 % seulement de la note globale), le contrôle continu avait déjà fait émerger, au sein de la communauté éducative, la crainte d’une « rupture d’égalité » entre candidats. Crainte qui ressurgit aujourd’hui, alors que les jurys du baccalauréat ont commencé à siéger, le 22 juin, et qu’ils continueront à le faire jusqu’à la veille de la publication des résultats des 740 600 candidats, le 7 juillet.

Statistiques sur le lycée d’origine

Alors, « injuste », le bac 2020, cette « session option Covid », comme le disent certains lycéens ? Au ministère de l’éducation, on assure avoir posé des « garde-fous ». Parce que nul n’ignore que les pratiques d’évaluation varient d’un lycée à un autre, les jurys d’harmonisation convoqués à l’échelon académique ont au moins deux éléments (en plus de la moyenne des moyennes) sur lesquels adosser leurs délibérations. Primo, le livret scolaire du candidat, avec des appréciations sur son « engagement » et ses « progrès » durant ce troisième trimestre en pointillés. Secundo, des « éléments statistiques » concernant son lycée d’origine et couvrant les trois dernières années, tels que le taux de mentions et le taux de réussite.

De quoi regarder sous un jour favorable des candidats « un peu justes », explique-t-on au ministère. De quoi, aussi, octroyer une mention à ceux qui, scolarisés dans des lycées réputés sélectifs et notant « à la dure », ne la décrocheraient pas cette année sur la seule foi de leur moyenne générale – même « arrondie à l’unité supérieure », comme le prévoient les textes officiels – alors qu’ils l’auraient obtenue en passant les épreuves finales.

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