Sans-abri : la fin annoncée des mesures d’urgence

Les associations redoutent la fermeture, le 10 juillet, des places mises à disposition pendant le confinement.

Par Publié le 03 juin 2020 à 11h04 - Mis à jour le 03 juin 2020 à 11h45

Temps de Lecture 5 min.

Article réservé aux abonnés

Distribution alimentaire au refuge de La Mie de pain, à Paris, le 20 mai.

Le confinement aura eu quelques effets bénéfiques. L’Etat a, par exemple, ce printemps, déployé des moyens sans précédent pour assurer l’hébergement de 178 000 sans-abri. Ils ont, pour l’essentiel, été accueillis dans des structures pérennes (157 000 places) auxquelles s’ajoutent les 14 000 places « grand froid » ouvertes chaque hiver mais prolongées, cette année, jusqu’au 31 mai puis jusqu’au 10 juillet, date de fin espérée de l’état d’urgence sanitaire lié à l’épidémie de Covid-19.

A ces contingents se sont additionnées 12 700 places en hôtels, auberges de jeunesse ou internats, réquisitionnées dans l’urgence, et encore 3 000 places dans des centres dits « Covid », dont un tiers seulement ont finalement servi, pour isoler et soigner les malades non graves. La distribution de chèques-services, organisée par le gouvernement pour pallier l’impossibilité d’organiser des repas collectifs, a, elle, bénéficié à 90 000 personnes, qui ont ainsi pu acheter denrées et produits d’hygiène dans le commerce. L’Etat a donc dû rallonger de 65 millions d’euros son budget consacré à l’hébergement d’urgence.

Toutes ces nouvelles capacités d’accueil devraient, théoriquement, et si la pandémie continue de reculer, fermer le 10 juillet, et les locaux être restitués aux exploitants d’hôtels et d’auberges de jeunesse, qui n’attendent que ça.

« Ce serait incongru, sur les plans humanitaire et sanitaire, de remettre à la rue des familles entières, en plein été, alors que les canicules menacent, juge Florence Lamarque, responsable du Samusocial de Gironde et présidente de la Fédération nationale des Samusociaux. Nous demandons la jonction avec la trêve hivernale 2020-2021, qui démarrera le 1er novembre, et la pérennisation du plus grand nombre de places possible. »

« Mettre à l’abri, ça marche et ça rapporte »

Un premier signe, préoccupant pour les associations, a été envoyé par la préfecture de Seine-Saint-Denis où circule un projet de fermeture progressive, d’ici au 30 septembre, de 841 places hivernales jusqu’ici utilisées par le 115 de ce département très concerné par le sans-abrisme.

Julien Denormandie, ministre chargé du logement, n’a pas encore répondu à cette inquiétude, mais il réunit les acteurs deux fois par semaine et a confié à Alain Christnacht, président du Samusocial de Paris, une mission sur l’après-10 juillet, dont les conclusions seront rendues fin juin. « Dès les premiers jours de la crise sanitaire, la mise à l’abri des plus démunis a été ma priorité, avec un effort massif de l’Etat, indique M. Denormandie. Nous lançons dès à présent des opérations d’évaluation sociale de ces personnes pour les accompagner vers un logement pérenne ».

Il vous reste 60.06% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.