Retour en cours : deux départements « rouges » plaident pour une rentrée anticipée des collégiens

La Seine-Saint-Denis et la Meurthe-et-Moselle demandent une reprise des cours pour des collégiens en difficulté. Une requête qui relance le débat parmi les enseignants.

Par Publié le 23 mai 2020 à 10h06 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 10h13

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Reprise des cours après le confinementau collège Jean-Claude-Izzo de Marseille , le 18 mai.
Reprise des cours après le confinementau collège Jean-Claude-Izzo de Marseille , le 18 mai. FRANCE KEYSER / MYOP POUR « LE MONDE »

Ce n’est que dans dix jours, le 2 juin, que la carte du déconfinement pourrait encore évoluer, mais dans les départements encore rouges, la communauté éducative compte les jours : après la rentrée des écoliers, le 11 mai – une rentrée déconnectée de la couleur et du degré de circulation du coronavirus dans les régions –, les collégiens d’Ile-de- France, du Grand-Est, des Hauts-de-France et de Bourgogne-Franche-Comté sont toujours dans l’incertitude.

Or le temps presse : en Seine-Saint-Denis, en Meurthe-et-Moselle, deux territoires très touchés par l’épidémie de Covid-19, les présidents des conseils départementaux – qui ont la charge des collèges – demandent à ce qu’un retour en cours puisse se faire au plus tôt. Dans un communiqué diffusé vendredi, les socialistes Stéphane Troussel et Mathieu Klein plaident ainsi « pour qu’un retour au collège, ciblé et progressif, soit envisagé dès maintenant dans tous les départements, verts ou rouges ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Réouverture des collèges : « On est loin d’une rentrée sociale »

« Il n’est pas possible de priver de contacts directs avec l’école, entre mars et septembre, des enfants déjà en difficulté avant le confinement et pour lesquels, on le sait, l’enseignement à distance ne fonctionne pas », nous expliquent-ils, reprenant de facto à leur compte l’argumentaire du ministre de l’éducation en faveur d’une « rentrée sociale ». Mais pas son calendrier.

« Absence de cadre »

En Seine-Saint-Denis, où près des deux tiers des 130 collèges publics et de leurs 80 000 élèves relèvent de l’éducation prioritaire, ce sont les « enfants des quartiers » que Stéphane Troussel voudrait pouvoir reconvoquer au plus vite. « Depuis quinze jours, les jeunes peuvent sortir, prendre les transports, aller au supermarché… Est-ce qu’ils ne seraient pas plus en sécurité au collège ? », questionne l’élu. En Meurthe-et-Moselle (28 000 collégiens), ce sont les jeunes urbains mais aussi des villages isolés que voudrait pouvoir « raccrocher en priorité » Mathieu Klein. Lui a donné l’alerte dès le mois de mars, pour « dénoncer un cadrage national inadapté à la réalité sociale des territoires ». Les autorités académiques n’ont pas donné suite. « Avec le déconfinement, les jeunes sont à l’air libre, reprend-il. Certains ont stoppé tout contact avec leur établissement depuis des semaines. L’absence de cadre n’est pas une bonne option. »

Cette « rentrée anticipée », que les deux élus appellent de leurs vœux « dans le strict respect des consignes sanitaires », peut prendre appui, disent-ils, sur les collèges restés ouverts durant le confinement pour l’accueil des enfants de soignants. Un accueil très symbolique : en Seine-Saint-Denis, les huit établissements du second degré transformés en pôle d’accueil, même après avoir été ouverts aux enfants de pompiers et de policiers, n’ont reçu qu’une poignée d’adolescents. Même chose en Meurthe-et-Moselle, où douze collèges n’accueillent, à ce jour, qu’une dizaine de jeunes. « En passant de douze à dix-neuf collèges ouverts, et en limitant la rentrée à trente collégiens par site, on pourrait déjà cibler 600 jeunes », fait valoir M. Klein.

Il vous reste 52.2% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.