Les travailleurs face au confinement : la France qui rit et celle qui a peur

Une enquête réalisée par Kantar pour la CFDT révèle de très grandes disparités dans la manière dont les conséquences de l’épidémie sont vécues. Près de la moitié des salariés du privé anticipent une baisse de leur rémunération ou des suppressions de postes.

Par et Publié le 30 avril 2020 à 03h54 - Mis à jour le 30 avril 2020 à 14h35

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Des saisonniers récoltent du muguet, à Saint Philbert-de-Grand-Lieu, près de Nantes, le 14 avril.

Comment les travailleurs vivent-ils leur situation depuis le début de l’épidémie de Covid-19 ? Quelles sont leurs inquiétudes ? Comment voient-ils l’avenir ? Une enquête réalisée par Kantar pour la CFDT, dont Le Monde a pris connaissance en exclusivité, tente d’apporter des réponses. Mille cinq personnes, issues du privé et du public, ont été interrogées du 16 au 22 avril selon la méthode des quotas.

Sans surprise, près de 7 sondés sur 10 déclarent avoir vu leur vie professionnelle affectée par la crise. « Ce qui m’a frappé, ce sont les contrastes de situation, explique Emmanuel Rivière, qui dirige la division Public de Kantar. Même si cette réalité avait déjà été illustrée, l’étude met en évidence que la France ne s’est pas entièrement confinée : plus de 30 % des personnes en activité se sont maintenues dans les mêmes conditions professionnelles qu’auparavant. »

Lire aussi Le coronavirus en France : la décrue se poursuit en réanimation, la reprise économique au cœur des préoccupations

Un peu plus de la moitié (53 %) ont continué à exercer leur métier à temps plein quand 31 % basculaient en chômage partiel. Ces derniers ayant vu leur nombre progresser depuis le moment où a été conduite l’étude, la part qu’ils représentent aujourd’hui est plus élevée. Les autres sont en arrêt ou ont perdu leur poste.

Parmi ceux qui sont toujours en emploi, la moitié se rendent dans leur entreprise ou leur administration. Un peu moins de l’autre moitié – des cadres, essentiellement – se trouvent en télétravail, au moins partiellement, et se disent, très majoritairement, satisfaits de leur sort. C’est particulièrement vrai dans le privé et chez les hommes. Ce sentiment positif englobe l’espace de travail, l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, les liens avec leur hiérarchie et leurs collègues, ou encore la question de l’équipement.

« L’insécurité financière est palpable »

A contrario, une écrasante majorité (87 %) de ceux qui restent en activité en allant sur leur lieu de travail estiment être exposés à des risques de contamination. Une opinion très répandue chez les salariés employés dans le secteur du commerce (100 %), dans un établissement qui reçoit du public (98 %) ou dans un espace extérieur comme un chantier (88 %). Cette appréhension se révèle très élevée, y compris chez ceux qui travaillent dans un bureau ou dans une usine. Un sentiment prégnant, alors même que 75 % d’entre eux considèrent avoir reçu suffisamment d’informations et d’équipements de la part de leur direction pour se protéger.

Il vous reste 62% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.