Coronavirus : une hotline d’avocats pour aider particuliers et entreprises

Le Conseil national des barreaux a mis en place une opération bénévole pour répondre a des questions liées à la crise sanitaire, notamment sur le droit de la famille et le droit du travail.

Par Publié le 08 avril 2020 à 10h20 - Mis à jour le 09 avril 2020 à 08h33

Temps de Lecture 2 min.

Le confinement imposé au pays depuis le 17 mars a soulevé d’innombrables questions liées à la vie privée ou au travail. Que choisir par exemple entre violer l’interdiction de circuler et enfreindre le droit de visite et d’hébergement que la justice a accordé à un ex-conjoint ?

Au bout du téléphone, Lisa Salvatore, avocate lyonnaise en droit de la famille qui participe à l’opération Covid-19/Avocats solidaires, écoute un homme expliquer son dilemme à la veille des vacances de Pâques : « Si je ne remets pas mon fils à sa mère, est-ce que je risque une sanction pénale ? » Le père a, depuis le divorce, il y a dix ans, la garde de leur enfant, mais la mère, dont le domicile est à plus de 400 kilomètres, devait l’avoir pour la première semaine des vacances…

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En deux semaines, les avocats participant bénévolement à cette opération proposée par le Conseil national des barreaux (CNB) ont répondu à plus de 5 500 appels téléphoniques. Ces rendez-vous limités à trente minutes ne devaient porter que sur des questions directement liées à la crise sanitaire.

Inconnues juridiques

« La première semaine, nous avons eu beaucoup de questions sur le droit de la famille et le droit du travail, mais ces derniers jours, j’ai eu plusieurs appels pour des entreprises ou des commerces en difficulté », s’inquiète Cécile Doutriaux, avocate à Strasbourg. Après un libraire et le directeur d’un club de sport, c’est un restaurateur qui s’inquiétait de savoir s’il pouvait suspendre le remboursement de son emprunt bancaire. « Certains, déjà fragilisés avant le confinement, iront en liquidation judiciaire malgré les aides de l’Etat », prévoit-elle.

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Collaborateur dans un cabinet à Carpentras, Christian Bendo a aussi donné de son temps, à côté des dossiers habituels mis en veille par la fermeture des tribunaux, pour prendre des appels sur la plate-forme du CNB. « Les confrères sont nombreux à y participer », observe-t-il. « Une femme maître-nageuse travailleuse indépendante m’a demandé si elle avait droit aux indemnités du gouvernement », relate Me Bendo, qui reconnaît n’avoir pas eu de réponse à toutes les questions.

Devant les inconnues juridiques posées par le confinement, Me Salvatore a parfois mobilisé le bon sens face à des clients perdus et angoissés. Au père de famille divorcé qui avait peur de perdre la garde s’il n’honorait pas le rendez-vous des vacances de Pâques, l’avocate lui a conseillé de convaincre la mère de renoncer à faire faire un aller-retour en train à leur fils dans cette période, et de lui proposer de le prendre une semaine de plus l’été prochain.

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