Coronavirus : les prisons se vident partiellement pour protéger les détenus

Les mesures de libération anticipées et la baisse des mises sous écrou liée au ralentissement de l’activité judiciaire ont fait baisser le nombre de prisonniers de près de 4 000 en deux semaines.

Par Publié le 31 mars 2020 à 14h00 - Mis à jour le 31 mars 2020 à 14h48

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Vue de la prison de la Santé à Paris, le 19 mars.

Les juges et les procureurs ont entrepris avec les services pénitentiaires une vaste revue des effectifs afin de désengorger rapidement les prisons et de limiter le risque de les voir se transformer en foyer du Covid-19. Les mesures de libération anticipées conjuguées à la baisse des mises sous écrou liée au ralentissement de l’activité judiciaire ont fait fondre le nombre de détenus dans les prisons françaises 3 956 détenus de moins depuis le 16 mars, selon le ministère de la justice. Soit 5 % de la population carcérale (environ 70 500 avant la crise sanitaire). Mais le rythme dépend beaucoup des juridictions.

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En Ile-de-France, région qui concentre le plus grand nombre de personnes incarcérées, la décrue a été plus marquée. Les établissements pénitentiaires y comptent près de 1 000 détenus de moins qu’il y a deux semaines, pour atteindre un peu plus de 12 000, selon Laurent Ridel, le directeur interrégional des services pénitentiaires. Un phénomène qui s’explique aussi par le fait qu’un grand nombre de maisons d’arrêt de cette région (Fleury-Mérogis, Fresnes, Villepinte, etc.) concentrent les courtes peines.

« Le parquet prendra le relais »

La prison de la Santé, à Paris, comptait vendredi 27 mars 780 détenus, contre près d’un millier à la veille de l’épidémie. « Avec les remises de peine exceptionnelles et les remises de peine supplémentaires, nous pensons arriver à environ 700 détenus à la fin de cette semaine », estime Mathilde Valin, juge de l’application des peines au tribunal judiciaire de Paris. Et cela ne s’arrêtera pas là. « La semaine prochaine, le parquet prendra le relais », annonce-t-elle.

Les dispositifs exceptionnels permettent de faire sortir des personnes condamnées qui avaient encore jusqu’à six mois à effectuer.

Dans le cadre de la loi sur l’état d’urgence sanitaire, les procureurs peuvent en effet décider, sans demander l’avis d’un juge, de faire exécuter les deux derniers mois d’une peine de prison inférieure à cinq ans sous forme d’assignation au domicile. Au total, le cumul de ces dispositifs exceptionnels permet de faire sortir des personnes condamnées qui avaient encore jusqu’à six mois à effectuer derrière les barreaux. Les personnes condamnées pour crime, terrorisme ou violences intrafamiliales en sont exclues.

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A Colmar (Haut-Rhin), l’un des premiers établissements pénitentiaires concernés par la vague épidémique, les mesures de libération ont été nettement plus parcimonieuses. Cette maison d’arrêt comptait 163 détenus vendredi 27 mars, contre 180 trois semaines plus tôt, selon Christophe Schmitt, le secrétaire interrégional de FO pénitentiaire pour le Grand Est. Soit une réduction de 10 %, comparée à celle de 30 % que devrait atteindre La Santé dans quelques jours. Résultat, elle reste occupée à 136 % de sa capacité, alors que la maison d’arrêt parisienne est déjà redescendue sous les 100 %.

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