Coronavirus : en une semaine, l’Ile-de-France s’est figée

Parisiens en exode, écoles et magasins fermés, bureaux vides, usines à l’arrêt… En sept jours, la consommation électrique de la région a plongé de 28 %, et les volumes d’ordures ménagères de 30 %.

Par et Publié le 21 mars 2020 à 02h56 - Mis à jour le 19 avril 2020 à 20h56

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La place Saint-Michel, à Paris, le 17 mars.

Cela n’a pas pris une semaine. Le dimanche 15 mars, des millions d’habitants de Paris et de sa région se rendaient dans les bureaux de vote pour les municipales, beaucoup flânaient dans les parcs ou profitaient du soleil, massés au bord de la Seine et de la Marne.

Six jours plus tard, le coronavirus a tout changé. Ecoles et magasins fermés, bureaux vides, usines à l’arrêt, rues désertes, Parisiens partis comme en exode… Plus question de baguenauder sur les berges, l’esplanade des Invalides ou le Champ-de-Mars sont interdits au public. Le Sacré-Cœur est inaccessible, pour la première fois de son histoire. Soudain, l’Ile-de-France se retrouve figée dans un quasi-sommeil.

Un chiffre résume cet engourdissement express, celui de l’électricité utilisée en Ile-de-France. En une semaine, la consommation a plongé d’environ 28 %, selon les chiffres du Réseau de transport d’électricité (RTE), filiale d’EDF. Vendredi 20 mars, à midi, la première région française n’avait besoin que de 7 300 mégawatts (mW), contre plus de 10 000 mW une semaine plus tôt. Une chute inédite, plus marquée que dans le reste de la France, où la consommation électrique a reculé de 20 %.

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Les volumes d’ordures ménagères se sont contractés de la même façon. Lundi, la baisse n’était encore que de 8 % par rapport à une période classique, indique le Syctom, l’établissement public qui collecte les déchets produits par 6 millions d’habitants de Paris et de sa proche banlieue. Mais le mouvement s’est accéléré, avec une diminution de 17 % mardi puis de 30 % mercredi et jeudi.

« Dans mon arrondissement, de 15 % à 20 % des gens sont partis »

Ces baisses spectaculaires tiennent en partie au départ d’habitants de la région. Le confinement n’est pas encore officiel quand, lundi 16 mars, dans l’après-midi, Romain, 26 ans, assiste, depuis la fenêtre de son appartement du 6arrondissement, à un défilé de voitures quittant le parking souterrain de sa résidence. « On se serait cru en été, sourit l’étudiant. Toutes les voitures étaient surchargées comme elles le sont quand mes voisins partent en vacances. Ça a commencé vers 14 heures et la dernière famille a dû partir vers 19 heures. »

Une heure plus tard, dans une allocution télévisée vue par 35 millions de téléspectateurs, le président de la République appelle les Français à ne plus sortir de chez eux, excepté pour se soigner, travailler ou faire des courses de première nécessité.

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