« Un calme apparent, une préparation intense… et l’attente d’un tsunami » : le coronavirus, un baptême du feu pour les étudiants en médecine

Partout en France, externes et internes en médecine sont mobilisés dans les hôpitaux.

Par Publié le 20 mars 2020 à 01h33 - Mis à jour le 20 mars 2020 à 15h58

Temps de Lecture 6 min.

Article réservé aux abonnés

Au centre ambulatoire des maladies infectieuses qui accueille les patients atteints du Covid-19, à l’hôpital de Calmette à Lille, le 18 mars.
Au centre ambulatoire des maladies infectieuses qui accueille les patients atteints du Covid-19, à l’hôpital de Calmette à Lille, le 18 mars. PASCAL BONNIERE / PHOTOPQR / MAXPPP

A l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, tout le monde se prépare à l’arrivée d’un afflux de patients atteints du Covid-19. « C’est un peu le calme avant la tempête, on s’attend à une énorme vague », raconte Lucas Reynaud, interne au service de réanimation, et à la tête du Syndicat autonome des internes des hôpitaux de Lyon. « Les voisins de la Croix-Rousse commencent à se remplir, ce sera bientôt notre tour », confie le jeune homme en neuvième année. Comme ses camarades internes, étudiants en médecine en fin de cursus et déjà en responsabilité dans les hôpitaux, il vit la crise du coronavirus aux avant-postes.

« On a un peu peur, mais on se dit qu’on fait ces études pour ça, pour vivre ces périodes, confie l’interne de 30 ans. Je suis urgentiste, on va vraiment servir à quelque chose. » Un « pool » est déjà prêt à relayer en cas de besoin : 300 internes ont répondu à l’appel lancé par les Hospices civils de Lyon, rapporte-t-il, « il y a énormément de solidarité ». Lui enchaîne les réunions et les formations, par exemple pour être prêt à intuber avec l’habillement de protection. « C’est comme si on intubait en portant une armure… », décrit-il.

Lire aussi « Il y aura un avant et un après le coronavirus… si nous restons en vie » : des malades témoignent

Mais comme chez leurs aînés, des interrogations nouvelles et difficiles montent d’ores et déjà chez ces jeunes médecins : quelle stratégie de dépistage adopter quand on manque de « réactifs » ? Quelle protection avoir quand on manque de matériel ? Que se passera-t-il s’il faut effectuer un tri entre les patients ? « C’est terrible si on doit en arriver à choisir qui doit vivre ou mourir… », pointe l’interne lyonnais.

« Tout le monde sort de sa zone de confort »

Pour Baptiste Caylar, interne en stage d’infectiologie à Chambéry, les questionnements autour de ce qu’on appelle désormais la « priorisation » ne devraient pas se poser en ces termes. « Il y aura un protocole, et j’ai confiance en mes chefs, ce tri, ce ne sera pas à nous de le faire, seuls. » Même si le jeune homme le sent bien : « On arrive un peu dans l’inconnu, on ne sait pas si on pourra avoir encore un chef au bout du fil. »

« On arrive un peu dans l’inconnu, on ne sait pas si on pourra avoir encore un chef au bout du fil. »

Dans son service, si, jusque-là, la situation était relativement calme, avec « des cas sans gravité » dans les 32 lits réservés désormais aux patients contaminés, « on commence à sentir la pression monter », dit-il, citant l’arrivée d’une dizaine de patients, désormais tous sous oxygène. « En tant qu’interne, on se sent en capacité de gérer ces cas, juge-t-il, mais c’est la quantité de personnes qui pourraient arriver en même temps qui fait peur. » Tous regardent avec effroi en direction des régions déjà fortement touchées, comme le Grand Est, dont les témoignages d’internes qui leur remontent sont « glaçants ». Tous espèrent que les mesures de confinement imposées par le gouvernement en début de semaine permettront de limiter la vague.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.