Une enquête ouverte à la suite d’une menace terroriste sur Fleury-Mérogis

Le Parquet national antiterroriste a pris très au sérieux un appel diffusé le 18 février sur Internet à attaquer les personnels pénitentiaires de la maison d’arrêt.

Par Publié le 03 mars 2020 à 15h06 - Mis à jour le 04 mars 2020 à 07h47

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La prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 21 mai 2019.

La menace est prise très au sérieux par les services de renseignement, la justice antiterroriste et l’administration pénitentiaire. Un appel à une action terroriste en détention à l’égard du personnel pénitentiaire a été diffusé le 18 février sur Internet avec un logiciel de messagerie.

Selon une source judiciaire, le Parquet national antiterroriste, rapidement alerté, a ouvert une enquête préliminaire pour « provocation à la commission d’actes de terrorisme et apologie du terrorisme par le biais d’un service de communication au public en ligne ».

Vu la nature de la menace, le parquet a saisi de cette enquête un grand nombre de services : la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la sous-direction de lutte contre la cybercriminalité (SDLC) de la police judiciaire, ainsi que la police judiciaire (PJ) de Versailles.

Le Service national du renseignement pénitentiaire a immédiatement renforcé sa surveillance des détenus terroristes ou de droits communs radicalisés identifiés comme susceptibles de passer à l’acte. « Aucun signe préparatoire ni agitation particulière suite à la diffusion de ce message n’a été décelé pour le moment en détention », rassure une source pénitentiaire.

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La menace intrigue parce qu’elle était précise. « Appel pour les frères Muwahidin [monothéistes], les supporteurs et les soldats de l’Etat islamique [EI] incarcérés en France, spécialement à Fleury-Mérogis [Essonne] », ainsi débutait le message demandant notamment d’attaquer les surveillants et la directrice de l’établissement à l’aide d’armes artisanales.

Echo limité

Ce texte, qui recommande de recruter de nouveaux combattants pour l’EI parmi les anciens dealeurs de drogue et les braqueurs, consacre un paragraphe spécifique à l’aumônier musulman de Fleury-Mérogis. Dans une phraséologie mêlant discours de haine et apologie du martyr, l’auteur anonyme accuse cet imam « d’avoir vendu sa religion pour plaire aux mécréants de la France ».

Cet aumônier a participé à des missions de l’administration pénitentiaire sur la prise en charge de la radicalisation violente. Il a également participé en tant que référent cultuel à plusieurs dispositifs de prise en charge en milieu ouvert (hors de prison) de personnes prévenues ou condamnées dans des affaires liées au terrorisme islamiste.

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Des mesures de protection ont été prises par le ministère de l’intérieur à l’égard des personnes directement visées, la directrice et l’aumônier.

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