Municipales : à Bordeaux, un retard de logements sociaux à rattraper

Les principaux candidats à la Mairie sont conscients de cette pénurie, dans la troisième ville la plus chère de France.

Par Publié le 21 février 2020 à 11h20 - Mis à jour le 24 février 2020 à 11h19

Temps de Lecture 2 min.

Article réservé aux abonnés

La question du logement, et plus particulièrement de son volet social, a pris une place prépondérante dans le débat des élections municipales bordelaises. Dans la métropole girondine, le parc immobilier ne compte que 18,4 % de logements sociaux, encore loin du quota prévu par la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU). Les communes de plus de 3 500 habitants sont censées atteindre le seuil de 25 % d’ici à 2025.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Municipales 2020 : le « stress » du logement s’invite dans les campagnes

Les quatre candidats à la mairie de Bordeaux les mieux placés dans les sondages – Nicolas Florian (LR), Pierre Hurmic (EELV), Thomas Cazenave (LRM) et Philippe Poutou (NPA) – s’y engagent et certains ont même l’ambition d’aller plus loin. La ville garde également les stigmates du mouvement des « gilets jaunes », qui est venu secouer son calme relatif.

Les tracas d’une classe moyenne qui peine à se loger, contrainte de s’exiler en périphérie et plus loin encore sur son territoire, a remis au cœur du débat cette problématique dans la troisième ville de plus de 150 000 habitants la plus chère, derrière Paris et Lyon, en termes d’immobilier. Les loyers y ont augmenté de 10 %, en 2019.

Lire aussi Elections municipales : Philippe Poutou candidat à Bordeaux avec le soutien de La France insoumise

L’année passée, pourtant, n’a pas été favorable aux logements sociaux dans la capitale girondine, avec une baisse de 25 % de la programmation de logements neufs de ce type. Un phénomène qui s’explique, pour Muriel Boulmier, présidente de l’union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine, « par l’augmentation du prix du foncier de 25 % en cinq ans, avec une perte de recettes de 34 millions d’euros en 2018 pour les bailleurs girondins, due à la baisse de l’APL. Il a fallu que les organismes de logements sociaux s’adaptent ».

Mesures insuffisantes

L’objectif fixé ces six dernières années par la métropole était de 7 000 à 7 500 logements à construire chaque année, dont 3 000 à 3 200 sociaux, mais seuls 2 420 ont été livrés en 2019. Mais selon Gilles Pinson, enseignant chercheur à Sciences Po Bordeaux, le problème réside également dans le type de logements construits. « On peut identifier des problématiques dans de nouvelles opérations où l’on a laissé les promoteurs construire énormément de petits logements en défiscalisation, alors qu’il y a un déficit de logements de plus grande taille accessibles », explique-t-il.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Elections municipales : Pierre Hurmic, le candidat écologiste surprise à Bordeaux

Nicolas Florian, le maire sortant, héritier d’Alain Juppé, maire de Bordeaux pendant vingt-quatre ans, prévoit que 35 % des logements construits dans les prochaines années sur la ville soient des logements sociaux, s’il est réélu. Le candidat EELV, Pierre Hurmic, qui le talonne dans les derniers sondages, envisage d’aller encore plus loin. Outre l’encadrement des loyers, il veut imposer aux promoteurs jusqu’à 50 % de logements sociaux pour chaque opération dans les quartiers déficitaires. Du côté de Thomas Cazenave (LRM), l’objectif est de veiller « en particulier à ce que ces HLM puissent être proposés dans chaque quartier de notre ville et pas les concentrer dans certains d’entre eux ». Enfin, Philippe Poutou souhaite « construire en priorité des logements très sociaux pour les ménages les plus précaires », selon le prêt locatif aidé d’intégration.

Il vous reste 5.85% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.