La formation des imams en France de nouveau sur la table

Un projet de formation d’aumôniers militaires avance, tandis que la venue d’imams détachés par d’autres pays continue d’être critiquée.

Par Publié le 18 février 2020 à 10h26 - Mis à jour le 18 février 2020 à 11h24

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Maintes fois condamnée, y compris par des gouvernants qui l’ont organisée, mais toujours perpétuée, la venue en France d’imams détachés par des pays à dominante musulmane comme la Turquie, l’Algérie et le Maroc va-t-elle prochainement être abandonnée ? Cette question revient au centre des débats au moment où Emmanuel Macron devait commencer d’égrener son plan d’action contre le « séparatisme islamiste » à Mulhouse, mardi 18 février.

L’organisation du culte musulman devrait être l’une des composantes de ce programme, et en particulier la question de la formation des cadres religieux. Celle-ci a été qualifiée de « priorité absolue pour l’islam de France » dans le communiqué qui a rendu compte de la première rencontre, jeudi 13 février, entre le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et le nouveau président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui.

Au nombre de 300 (pour quelque 2 500 lieux de culte), ces imams détachés sont formés et payés par leur Etat d’origine. Leur venue est encadrée par des accords conclus entre la France et ces mêmes Etats. On reproche à ce système de favoriser la persistance d’un « islam consulaire » marqué par l’intervention des Etats d’origine, et de fournir des cadres religieux étrangers au contexte culturel et social français et insuffisamment francophones.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Macron veut structurer l’islam de France pour lutter contre le « séparatisme »

Fonctions mal rémunérées

« Dans certains cas, c’est un choc pour ces imams qui arrivent en France. Ils peuvent alors parler de société de dépravation ou de société permissive », déplore Ghaleb Bencheikh, le président de la Fondation de l’islam de France (FIF). Bref, c’est tout le contraire de « l’islam de France » que les gouvernements de tous bords appellent de leurs vœux depuis que le socialiste Pierre Joxe a lancé une première consultation en 1990.

Trente ans plus tard, on n’a guère avancé. Cela tient au fait que le recrutement de cadres religieux français qui pourraient suppléer les cadres d’importation continue de se heurter à une double difficulté. D’une part, en raison de leurs divisions, les institutions et fédérations musulmanes n’ont pas su organiser un système de formation convaincant, financé et capable de répondre aux besoins. Ensuite, parce que les fonctions d’imams, d’enseignants ou d’aumôniers ne sont que très mal, voire pas du tout, rémunérées.

Comment, dans ces conditions, susciter des vocations parmi les jeunes Français intellectuellement préparés ? Les centres qui existent – liés par exemple à l’ex-Union des organisations islamiques en France et à la Grande Mosquée de Paris (GMP) – tournent donc au ralenti. Si rien ne change, on voit mal comment les initiatives qui surgissent ici ou là (l’institut de la GMP vient d’inaugurer une antenne aux Mureaux, dans les Yvelines) pourront faire mieux.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.