« C’est quand que tu vas t’occuper de mon père ! » : à Strasbourg, les soignants face aux incivilités

Des vigiles devraient bientôt être mobilisés en permanence aux urgences de Strasbourg. Les personnels dénoncent des incivilités fréquentes.

Par Publié le 29 août 2019 à 12h24

Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

L’année dernière, un patient ivre a attrapé à la gorge Florian Brunet. « Ça a duré deux secondes, mais ça fait un choc », raconte l’infirmier de 24 ans, devenu représentant du collectif Inter-Urgences dans le Grand-Est pour pouvoir « agir sur les conditions de travail de son service ». Depuis deux ans, ce jeune délégué Force ouvrière (FO) travaille aux urgences de l’hôpital de Hautepierre, qui compte plus de 800 lits, à Strasbourg.

Aux abords de l’immense bâtiment, ni banderole ni affiche ne rappellent le mouvement massif de grève qui touche les services d’accueil des urgences en France depuis le mois de mars. Les syndicats ont en effet signé avec la direction le 10 juillet un protocole d’accord prévoyant notamment « le recrutement de 150 soignants sur l’ensemble de l’établissement » et la « poursuite de l’ouverture de 40 lits de médecine ».

Mais une partie du personnel s’inquiète pour sa sécurité et un nouveau préavis de grève a été déposé par Force ouvrière, à la suite d’un grave incident provoqué par un jeune aux urgences de Hautepierre, le 23 août. Amené par les pompiers, il mord « deux médecins », « crache du sang au visage d’une infirmière » et s’en prend à plusieurs autres soignants, raconte Christian Prudhomme. Secrétaire général de FO aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), il précise que plusieurs plaintes ont été déposées. Le cas est « lié à la prise en charge d’un patient présentant une pathologie », souligne néanmoins Christophe Gautier, le directeur général des CHU de Strasbourg.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Urgences : une crise inédite par son ampleur et sa durée

Surcharge des urgences

Plusieurs mesures ont été annoncées depuis, dont l’extension des horaires des vigiles qui veillaient jusqu’alors de 20 heures à minuit sur les urgences. Ils devraient désormais être présents en permanence pour « un coût de 600 000 euros sur un an », précise M. Gautier – les dépenses des HUS ayant représenté un peu plus d’1 milliard d’euros en 2018.

Les personnels devraient aussi bénéficier de systèmes d’alarme, de formations aux gestes de contention et de mise à disposition de matériel. Des mesures saluées par Florian Brunet, qui évoque une « avancée » et précise que le personnel va être consulté sur le maintien du préavis de grève.

Aux yeux de plusieurs soignants rencontrés mercredi 28 août, le dernier incident a rendu visible le climat quotidien d’incivilités qu’ils subissent. Selon eux, il est lié à un problème de fond : la surcharge des urgences. En février, la Cour des comptes avait d’ailleurs souligné la longueur de la durée médiane d’attente à Strasbourg – comptez quatre heures quinze. « Cet engorgement crée de l’attente et du stress », regrette Raphaël Bouvier, secrétaire adjoint de la CGT des Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Il dénonce en outre la pénurie de personnel soignant, issue notamment de difficultés de recrutement.

Il vous reste 37.66% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.