Manifestations en mémoire de Steve Maia Caniço : « dans “gardien de la paix”, il y a paix, non ? »

Plusieurs milliers de personnes se sont réunies samedi à Nantes, pour une journée d’hommage émaillée de violences.

Par et Publié le 04 août 2019 à 06h01 - Mis à jour le 04 août 2019 à 10h19

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Face-à-face entre gendarmes anti-émeutes et manifestants réclamant justice pour Steve Maia Caniço, à Nantes, le 3 août.

« Vous salissez votre uniforme ! », hurle Jacques, « gilet jaune » de la première heure, à un groupe de CRS devant lequel il défile, dans le centre-ville de Nantes. Le sexagénaire brandit théâtralement sa carte d’identité devant la caméra dont disposent les forces de l’ordre. « Ils peuvent l’enregistrer autant qu’ils veulent, je m’en fiche », affirme le retraité : « Ils devraient avoir honte. »

Il est venu manifester, samedi 3 août après-midi, pour rendre hommage à Steve Maia Caniço, dont le corps a été retrouvé dans la Loire, lundi 29 juillet, après cinq semaines de recherches. Le jeune homme de 24 ans n’avait plus donné de signes de vie depuis la Fête de la musique et la dispersion critiquée de la soirée techno à laquelle il participait par les forces de l’ordre – une dizaine de personnes étaient alors tombées dans la Loire ce soir-là.

« S’il n’y avait pas eu des secouristes, le bilan aurait pu être bien pire », estime Jacques qui dénonce l’opération policière menée ce soir-là. Comme lui, plusieurs milliers de personnes – la préfecture de police estime leur nombre à 1 700 au plus fort de la manifestation, se sont réunies pour dénoncer les violences policières et demander « justice pour Steve » dans les rues de Nantes, malgré la décision du préfet d’interdire partiellement le centre-ville aux rassemblements.

Sympathisants de gauche, « gilets jaunes » et parents

Agée de 52 ans, Marianne – « comme la République et née un 4 août comme l’abolition des privilèges » – ne décolère pas. « Où est la police républicaine ? », rugit cette assistante sociale. « Bon sang, dans les mots gardien de la paix, il y a paix, non ? » Venue avec une amie, elle dit être présente car elle ne veut « pas de ce monde-là » pour ses enfants. « Il y avait juste des gamins qui n’avaient rien demandé à personne et qui avaient envie de danser. ».

Une femme tient une photo de feu Steve Maia Canico, lors d’un rassemblement à la mémoire du jeune homme, à Nantes, le 3  août.

Sitôt qu’il s’élance, le cortège – où se mélangent sympathisants de gauche, « gilets jaunes », mères et pères de famille mais aussi « plusieurs centaines de manifestants très radicaux » selon la préfecture – prend pour cible le ministre de l’intérieur Christophe Castaner.

Franco Fedele, architecte nantais de 50 ans, raconte avoir « longtemps hésité à venir, tant la communication de la préfecture mettait en avant le caractère hautement dangereux de cette manifestation ». L’homme arbore un coquelicot – symbole de la volonté de préserver la biodiversité – et intègre paisiblement la queue de peloton : « Je ne suis pas là pour me faire blesser, mais pour partager le deuil de la famille de Steve ».

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