Le parcours difficile des femmes qui dénoncent le harcèlement sexuel au travail

Les victimes de harcèlement sexuel en entreprise peinent à faire entendre leur voix, et sont souvent sanctionnées pour avoir parlé de leurs souffrances.

Par Publié le 21 octobre 2017 à 12h06 - Mis à jour le 21 octobre 2017 à 13h29

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En 2014, une femme sur cinq disait être concernée par le harcèlement sexuel au travail.

Dénoncer le harcèlement sexuel au travail est un parcours du combattant, à l’issue duquel les sanctions sont rares pour le harceleur, mais courantes pour les victimes, résument plusieurs avocates spécialisées dans le harcèlement et les violences contre les femmes.

Depuis l’affaire Harvey Weinstein, et le mouvement de libération de la parole des femmes qui s’est ensuivi, de nombreuses victimes de harcèlement ont témoigné, notamment sur les réseaux sociaux, des violences subies sur leur lieu de travail. En 2014, une femme sur cinq disait être concernée, et 5 % seulement des cas étaient portés devant la justice, selon une enquête du Défenseur des droits.

« Les femmes ont deux procédures à mener de front : d’un côté la responsabilité pénale, et donc la plainte au commissariat, et en parallèle la procédure aux prud’hommes, puisque l’employeur a une obligation de sécurité vis-à-vis de ses salariés », souligne Maude Beckers, avocate en droit du travail.

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La grande majorité des victimes sans emploi

Les procédures peuvent être extrêmement lourdes et décourager les victimes. « Dans la majorité des cas, les victimes sont licenciées », constate Laure Ignace, juriste pour l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). « Soit elles sont licenciées pour inaptitude [à l’issue d’un congé maladie], soit elles sont licenciées pour faute parce que le harceleur a monté un dossier disciplinaire contre elles », poursuit Laure Ignace.

Dans d’autres cas, les victimes vont démissionner avec une prise d’acte unilatérale de rupture du contrat de travail aux torts de l’employeur, estimant qu’il a manqué à son obligation de sécurité. « On le préconise moins parce que la jurisprudence s’est un peu durcie ces derniers mois », dit Laure Ignace. En face, seulement 40 % des victimes déclaraient, dans l’enquête du Défenseur des droits, que des sanctions avaient été prises contre le ou les hommes à l’origine du harcèlement. Les mises à pied conservatoires du harceleur sont également rares.

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Dans l’entreprise, les obstacles commencent dès le signalement de la situation à la direction des ressources humaines, par exemple, comme le note Laure Ignace :

« Quand la victime raconte ce qu’elle subit, il y a une pression en face pour remettre en cause sa parole. L’employeur incite fortement à déposer plainte au pénal, comme si ça allait arrêter la situation, et fait croire que c’est obligatoire. Ensuite il va dire qu’il ne peut rien faire parce qu’il y a une enquête pénale en cours. »

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