Les amours défendues du gardien et de la détenue

Elle est incarcérée pour meurtre. Il était surveillant. Leur union, forgée en prison, irrite fortement la justice.

Par Publié le 11 juillet 2016 à 18h20 - Mis à jour le 12 juillet 2016 à 11h15

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

C’est une histoire d’amours hors normes, une histoire comme il en éclot parfois derrière les barreaux, entre une détenue et un surveillant de prison. Une histoire qui a pris, depuis quelques jours, un tour dramatique.

Liliane Paolone a 37 ans. Cette ancienne prostituée, qui travaillait en Suisse, est incarcérée à Joux-la-Ville (Yonne), condamnée à vingt-trois ans de prison pour le meurtre, en 2005, de Christophe Millet, à Saint-Louis (Haut-Rhin). Malgré un crime d’une extrême violence, Liliane Paolone a toujours été une détenue exemplaire, une brune au regard vif dont on ne se souvenait qu’à la diffusion des épisodes de l’émission « Faites entrer l’accusé » consacrés à son affaire.

Elle a pourtant craqué le 1er juillet dernier. Dans un courrier adressé à son avocat, la jeune femme, enceinte de cinq mois d’un « bébé parloir », a annoncé qu’elle entamait une grève de la faim pour protester contre son placement en régime fermé. Selon elle, cette sanction, d’ordinaire réservée aux détenues violentes et dangereuses, est la conséquence de la relation qu’elle entretient depuis deux ans avec B., un ancien major de l’administration pénitentiaire de 46 ans.

Aucune visite médicale

L’article 20 du code de déontologie des surveillants de prison interdit au personnel de fréquenter des détenus, y compris dans les cinq années qui suivent la remise en liberté de ces derniers ou la levée de l’autorité du surveillant. Or, les deux amants auraient été surpris le 25 juin en pleine relation sexuelle lors d’un parloir, ce qu’ils contestent. Depuis cette date, B. est interdit de visite. Liliane Paolone attend la tenue d’une commission disciplinaire où elle risque trois mois de suspension de parloir.

Depuis qu’elle a cessé de s’alimenter, Liliane Paolone dit ne plus sentir bouger son bébé et souffrir du dos. Elle n’a pourtant fait l’objet d’aucune visite médicale de l’unité sanitaire, qui, selon son compagnon, n’aurait pas été avertie de sa grève de la faim. Au téléphone, on entend à peine la jeune femme. « S’il lui arrive quelque chose, je ne réponds plus de rien », s’emporte B, qui assure « qu’elle se laissera mourir si on nous empêche de nous voir ».

Déjà sanctionnés pour des faits similaires en mai dernier, Liliane Paolone et B. avaient écopé d’un mois d’interdiction de parloir. Une peine que le surveillant avait d’autant plus mal vécu qu’elle coïncidait avait le rejet de demande de libération conditionnelle de sa compagne par le TGI d’Auxerre, le 17 mai 2016. Une décision « incompréhensible » pour l’avocat de Liliane Paolone, qui rappelle « son parcours carcéral sans embûche, les formations dans lesquelles elle s’investit depuis dix ans, l’indemnisation des victimes, le fait qu’elle dispose d’une adresse fixe et d’une promesse d’embauche… » Les amants sont officiellement pacsés depuis le 1er juillet.

Il vous reste 50.51% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.