Martin Hirsch : "Il faut réparer les défauts de fabrication du RSA"

L'ex-haut-commissaire aux solidarités actives, qui avait lancé ce dispositif en 2009, préconise de "simplifier les démarches" en ne calculant plus "au centime près les revenus du travail".

Propos recueillis par Publié le 19 juin 2013 à 12h24 - Mis à jour le 19 juin 2013 à 14h15

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Martin Hirsch.

Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique, a lancé le revenu de solidarité active en 2009 lorsqu'il était haut-commissaire aux solidarités actives sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Comment réagissez-vous aux critiques sur le RSA ?

J'ai toujours reconnu que le RSA était une réforme inachevée. Nous n'avons pas pu aller au bout de notre projet. Par peur de l'explosion des demandes, le RSA a été blindé de tous côtés. Résultat : nous sommes arrivés à une sophistication telle qu'elle se retourne parfois contre les bénéficiaires.

Pour autant, les critiques de mise en œuvre ne doivent pas remettre en cause les grands principes de base, notamment le soutien au pouvoir d'achat des salariés modestes ou précaires.

> Lire aussi : Les trop-perçus, symptômes de l'échec du RSA

Que faut-il faire pour l'améliorer ?

Tout d'abord un plan massif contre le non-recours. Il n'y a eu qu'une seule campagne d'information sur le RSA depuis sa création en 2009. Ensuite, une partie de la droite s'est lancée dans un discours sur l'assistanat. Pour encourager les gens à bénéficier du RSA, on ne pouvait pas faire pire.

Il faut aussi simplifier les démarches. Il est facile par exemple de ne plus calculer au centime près les revenus du travail. On pourrait forfaitiser la prise en compte de telle ou telle ressource, avoir un barème par tranche de revenus avec des paliers de RSA à la clé. Avant de tout chambouler, il faut réparer les défauts de fabrication du RSA qui sont connus et qui ont été imposés sciemment.

Le discours sur l'incitation au travail est-il toujours opportun dans une France qui enregistre un taux de chômage record ?

Avant, pendant et après mon passage au gouvernement, j'ai toujours dénoncé les discours de désincitation. Il faut refuser obstinément que les familles modestes perdent de l'argent en travaillant. Garantir que toute heure travaillée engendre des revenus supplémentaires est plus que jamais d'actualité avec la crise. Le grand danger aujourd'hui serait de remettre dans deux catégories distinctes ceux qui travaillent et ceux qui n'ont pas d'activité.

> Lire aussi : Pour simplifier le RSA, le scénario d'une "prime d'activité"

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