Les sept piliers de la sagesse urbaine dans le « monde d’après »

En première ligne pendant la crise sanitaire, les villes veulent devenir plus « résilientes ». A la veille du second tour des municipales, passage en revue de sept chantiers mis en lumière par la crise sanitaire.

Par Publié le 26 juin 2020 à 12h45 - Mis à jour le 28 juin 2020 à 06h07

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Vue sur Paris depuis la tour Eiffel le jour de sa réouverture, le 25 juin.

Foyer de propagation du nouveau coronavirus, en raison de sa « densité », la ville s’est aussi imposée, à travers ses infrastructures et ses réseaux de solidarité, comme un laboratoire d’expérimentation. Le respect des règles de distanciation physique l’a poussée à imaginer des solutions pour adapter son espace public au développement de la marche et du vélo ou à structurer des circuits courts pour soutenir ses commerçants ou ses maraîchers.

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Autant d’expériences sur lesquelles bon nombre de villes, présentées comme des moteurs de la transition écologique, entendent capitaliser dès le lendemain des élections municipales. « Qu’il s’agisse du besoin de sobriété, d’authenticité, d’aller vers des circuits courts, d’être dans le respect de l’environnement, dans l’attention qu’on porte aux autres…, ces trois mois nous ont obligés à passer du discours à la pratique », assure Nicolas Florian, maire Les Républicains (LR) de Bordeaux, candidat à sa réélection, qui a noué une alliance avec le candidat La République en marche (LRM), Thomas Cazenave, face à l’écologiste Pierre Hurmic.

« Par ses compétences et sa connaissance du terrain, la ville a pallié les défaillances de l’Etat et fait la preuve de son utilité, quand le discours en vogue est plutôt à la valorisation de l’échelon intercommunal », note de son côté Nicolas Kada, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes.

Nature en ville, agriculture urbaine, développement des mobilités douces… Ces enjeux étaient déjà au cœur des politiques urbaines partout dans le monde ; ils s’insèrent désormais dans une réflexion plus globale sur la gestion de l’urbanité. Entre la traditionnelle promesse d’une meilleure « qualité de vie » et l’injonction, plus récente, à construire une « ville durable », émerge la notion de « résilience ». « Déjà présente dans la réflexion de certaines grandes villes, comme Paris, elle infuse, à des degrés divers, tous les programmes », observe le maire socialiste de Lieusaint (Seine-et-Marne) et président de l’agglomération du Grand Paris Sud, Michel Bisson.

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Comment les villes comptent-elles utiliser les enseignements de la crise pour se transformer ? Avec qui doivent-elles travailler pour y parvenir ? A quelques jours du second tour des élections municipales, dimanche 28 juin, revue de sept dossiers-clés.

1. Renforcer la « résilience sociale »

Avant de parler de repenser l’espace urbain, l’urgence est sociale, dans les villes où les plus fragiles vont continuer de payer un lourd tribut à la crise. Les communes et les intercommunalités, qui accompagnent les besoins urgents des administrés en matière d’alimentation ou de logement, entendent poursuivre leurs efforts : réductions sur la cantine, bons d’achat, « plans été » renforcés… Au côté des activités sportives et culturelles habituelles, l’agglomération du Grand Paris Sud – qui regroupe 23 communes de l’Essonne et de la Seine-et-Marne – intègre un volet soutien scolaire assuré par des étudiants, indemnisés et équipés de tablettes. Un travail avec des entreprises locales a permis de distribuer 300 ordinateurs à des enfants qui n’en avaient pas.

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