Planter pour humaniser la ville, un nouveau souffle citoyen

Jardins partagés, fermes urbaines… Les citoyens jouent un rôle central dans l’émergence d’une « ville nature », un thème au cœur de la matinée de débats organisée par « Le Monde »-Cities et « le Temps », le 20 février à Genève.

Par Publié le 14 février 2020 à 17h43

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Création de mini-forêts urbaines ou d’un « Central Park » à la place de la gare de l’Est, à Paris, ou plus modestement de parcs à Bordeaux, la ville de pierres… Autrefois réduite à une petite ligne en bas des programmes, la nature a envahi les tracts des candidats aux élections municipales de mars 2020. Ce maquis de promesses répond à une soif de vert des citadins, en particulier des grandes métropoles, qui ne se dément pas depuis une dizaine d’années.

Si sept Européens sur dix déclarent avoir besoin de vivre près d’un espace vert (UNEP-Ipsos, 2013), « plus de la moitié des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête que j’ai conduite à Lyon à la même époque, en font même la première caractéristique d’un quartier idéal, devant l’accessibilité aux commerces et au reste de la ville ou la sécurité », remarque Lise Bourdeau-Lepage, professeure à l’université de Lyon. Une demande confirmée par le dernier palmarès des villes les plus vertes de France (UNEP-Hortis), dévoilé le 6 février.

Lire aussi « La nature peut-elle humaniser la ville ? » Une conférence Le Monde Cities et « Le Temps » à Genève

La géographe explique notamment ce phénomène par la diffusion du mode de vie urbain, qui concerne actuellement plus de la moitié de l’humanité et bientôt les deux tiers, et la montée de l’urgence climatique.

L’« Homo urbanus » assailli et agressé

Autrefois synonyme d’abri où l’on venait jouir d’une vie agréable, la métropole moderne agresse. Assailli par le bruit, la pollution, la foule et l’invasion d’un monde virtuel « qui le force à être en représentation permanente, et réduit son altruisme, l’Homo urbanus est en état de surcharge environnementale », diagnostique l’universitaire. Un homme hypermoderne qui cherche dans la reconnexion à la nature un espace où ralentir le rythme, se recentrer sur lui-même, renouer avec une convivialité perdue.

Végétalisations de rues ou de façades, friches, jardins partagés, fermes urbaines, observation et protection de la biodiversité… Dans les grandes villes, on ne compte plus, depuis une dizaine d’années, les initiatives citoyennes qui visent à reverdir. Les travaux scientifiques confirment d’ailleurs leurs vertus sur la santé et le bien-être des habitants, de la réduction du stress au sentiment de solitude, en passant par certaines pathologies respiratoires ou cardiovasculaires.

Vue d’artiste d’un immeuble qui sera construit sur la commune de Plan-les-Ouates, près de Genève, par la coopérative « La Bistoquette », avec le cabinet d’architecture ATBA. Playtime
Vue d’artiste d’un immeuble qui sera construit sur la commune de Plan-les-Ouates, près de Genève, par la coopérative « La Bistoquette », avec le cabinet d’architecture ATBA. Playtime Playtime

Ces initiatives citoyennes, reprises et généralisées par les pouvoirs publics, sont aussi et surtout désormais un moyen de lutter contre les effets du réchauffement climatique : îlots de chaleur urbains, inondations et érosion de la biodiversité, qui menacent de rendre nos villes invivables.

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