Le plus ancien site maya découvert au Mexique grâce à des impulsions laser

La technologie révolutionnaire du lidar a permis de mettre au jour le complexe cérémoniel d’Aguada Fenix, qui remonterait à 1 000 avant Jésus-Christ.

Par Publié le 03 juin 2020 à 17h26 - Mis à jour le 04 juin 2020 à 08h53

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Le relevé lidar du site d’Aguada Fénix.

Il fut un temps où faire de l’archéologie maya en Amérique centrale consistait essentiellement à marcher pendant des heures, des jours, des semaines, derrière un homme qui dégageait une voie à la machette dans la forêt tropicale humide du Mexique, du Belize ou du Guatemala. On quadrillait les sites à grand renfort de coupe-coupe et d’huile de coude ; on essayait de deviner les structures enfouies sous le sol et les plantes en lisant les inégalités du terrain ; on finissait par y passer des décennies. Et puis est arrivée la révolution du lidar.

Cet instrument emporté dans un aéronef fonctionne sur le même principe que le radar, mais en remplaçant les ondes radio par des impulsions laser. Répercutées par le sol, elles retournent à l’envoyeur et l’on peut ensuite reconstituer avec une grande précision la topographie des lieux en faisant littéralement disparaître toute trace de végétation. Une déforestation et un décapage virtuels au service des mayanistes.

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Depuis plusieurs années, quantité de structures sont ainsi apparues sur leurs écrans. Les dernières sont décrites mercredi 3 juin dans une étude publiée par Nature. L’équipe internationale conduite par Takeshi Inomata (université de l’Arizona) a balayé une zone de plus de 800 km2 et repéré une vingtaine de sites. Le plus impressionnant d’entre eux, sur lequel se focalise son article, est l’immense complexe cérémoniel du site d’Aguada Fenix, dans l’Etat mexicain de Tabasco, au sud-ouest de la péninsule du Yucatan.

Sur le relevé lidar saute aux yeux une immense plate-forme artificielle, surélevée de 10 mètres à 15 mètres. Orientée quasiment nord-sud, elle est longue de plus de 1 400 mètres et large de près de 400. Des petites ailes s’y sont accolées de part et d’autre, et de chacune de ses deux extrémités descendent deux rampes prolongées par des chaussées. Sur le côté ouest de cette plate-forme apparaissent des places, d’autres voies de communication, ainsi que la trace de réservoirs.

Premières fouilles

La découverte étonnante s’agrémente d’une autre surprise de taille. Selon les datations réalisées par les auteurs de l’étude, notamment sur la base de l’analyse du carbone 14 contenu dans des charbons de bois, la construction de la grande plate-forme aurait commencé vers l’an 1000 avant Jésus-Christ, si ce n’est avant.

Bien qu’il trouve « ennuyeuse » la propension des revues scientifiques à mettre en avant la construction la plus grosse, la plus haute ou la plus ancienne, Philippe Nondédéo, chercheur au laboratoire Archéologie des Amériques, reconnaît volontiers que l’étude « est très intéressante. Elle repousse un peu plus loin le début de l’architecture maya monumentale. C’est un phénomène que l’on percevait déjà ailleurs et Takeshi Inomata a d’ailleurs travaillé sur le site de Seibal, qui est daté à 950 avant notre ère ».

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