Bartabas : « Le cheval joue comme un enfant »

Rencontre avec le metteur en scène écuyer dont le dernier spectacle « Ex Anima », supprime les cavaliers et donne toute la place à l’animal.

Propos recueillis par Publié le 20 octobre 2017 à 09h37 - Mis à jour le 20 octobre 2017 à 18h58

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«  Ex anima », spectacle de Bartabas, au Théatre Zingaro à Aubevilliers.

Le nouveau – et annoncé comme ultime – spectacle de Bartabas et du Théâtre équestre Zingaro, Ex Anima, met en vedette un ­troupeau de chevaux. Dans le ­programme de cette production, qui a démarré le 17 octobre à Aubervilliers, Bartabas, 60 ans, a fait photographier chacun de ses équidés à la manière du Studio Harcourt, comme de grands acteurs. Une démarche qui symbolise l’essence de ce nouveau spectacle qui met en scène les ­chevaux sans aucun cavalier.

Lire aussi le compte-rendu : « Ex anima », la liberté mise en scène des chevaux de Bartabas

Comment l’idée d’« Ex Anima » est-elle née ?

J’ai eu envie et besoin de laisser la place aux chevaux en tant ­qu’acteurs principaux du spectacle, de les montrer tels qu’ils sont. Cela fait plus de trente-cinq ans qu’ils font partie de l’aventure ­Zingaro. Il a fallu une vie pour arriver à Ex Anima. Leur rendre leur ­liberté est comme un geste pur, abstrait. Je supprime les cavaliers, les voltigeurs. Nous nous effaçons.

Evidemment, je ne les lâche pas comme ça, mais je leur fais ­confiance. Lorsque, dans le spec­tacle Le ­Centaure et l’Animal, je tournais autour du plateau sur Soutine, l’un de mes chevaux solistes, je ne le retenais par aucune bride. Je n’avais qu’à m’abandonner, me laisser guider.

C’est un peu la même chose dans Ex Anima, sauf qu’ils occupent ­entièrement la scène et composent un tableau pendant que nous sommes en ­retrait. La présence de percussions et de flûtes issues de traditions ­ancestrales permet de revenir à des émotions originelles. Lorsque le troupeau est en liberté, il y a une sorte de paix qui se ­dégage de la piste, comme un ­espace de sagesse.

«  Ex anima », spectacle de Bartabas, au Théatre Zingaro à Aubevilliers.

Cette image du cheval ­en liberté est présente depuis vos débuts au Cirque Aligre. Le fantasme de la nature ­plane-t-il sur le spectacle ?

Avec les chevaux, on est ­confronté à la nature en permanence : rien que le poids d’un cheval de 700 kg vous le rappelle, son crottin aussi… Mais Ex Anima est un spectacle : la nature y est théâtralisée et le cheval joue comme un enfant ou un acteur. Les répétitions ont duré huit mois. Certaines scènes sont nées d’une longue observation des chevaux, dont certains vivent et travaillent à ­Zingaro depuis plus de vingt ans.

Mais seront-ils capables de les ­répéter ? Celle par exemple où un groupe rejette un cheval d’une autre robe s’est opérée naturellement pendant les répétitions. Par ailleurs j’aimerais rendre hommage aux chevaux que l’homme a abandonnés au XXIe siècle, en rappelant qu’ils ont payé un lourd ­tribut en accompagnant son ­évolution pendant des décennies.

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