Christiane Jatahy : « Votre pays, cette utopie nécessaire »

Vu de l’extérieur (9/10). La metteuse en scène brésilienne répond à la question : « Que représente pour vous la France de 2017 ? ».

Publié le 22 avril 2017 à 16h16 - Mis à jour le 01 mai 2017 à 16h48 Temps de Lecture 2 min.

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Christiane Jatahy à Paris, le 2 février 2017.

A l’approche des élections, Le Monde invite des artistes internationaux de renom, familiers de notre pays, à répondre à la question : « Que représente pour vous la France de 2017 ? » Car s’il est un enjeu qui engage artistes et politiques, c’est celui de la représentation. La metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy, née en 1968 à Rio de Janeiro, vient de monter La Règle du jeu, d’après Jean Renoir, à la Comédie-Française.

« La France a toujours été le lieu où les artistes du monde se rencontrent. Foyer de tant de mouvements qui ont changé la course des arts. Espace d’expansion de la pensée et de la création. Utopie nécessaire à tant de périodes de l’histoire. Voilà ce que m’inspirait la France, lorsque je l’examinais avec des jumelles, à un océan de distance, mais avec la proximité précieuse d’œuvres – livres, films… – générées par un pays qui accueille le monde en soi.

Depuis, j’ai traversé la mer et abordé cette terre avec quelques-unes de mes créations, reçues avec chaleur par un public critique mais ouvert, capable de se laisser surprendre par l’altérité. Je me rends compte que mon point de vue initial n’était pas un préjugé romantique et obsolète ; au contraire, il correspond à une réalité possible, aujourd’hui, maintenant. Il existe quelque chose d’unique chez vous, qui mêle un sens critique aigu à une grande ouverture sur l’ailleurs. Cette manière de marier l’art et la vie, je la sens dans vos rues, vos théâtres, vos musées, vos cinémas. A l’heure où l’éthique s’érode et où la peur menace de nous emprisonner, nous ne pouvons pas renoncer à nos utopies, fermer les yeux et répudier autrui, parce que répudier cet autre revient à nous répudier nous-mêmes, dans ce que nous avons de plus essentiel.

« Cette manière de marier l’art et la vie, je la sens dans vos rues, vos théâtres, vos musées, vos cinémas »

Cette année, je débute une nouvelle collaboration à Paris. J’ai été invitée à être artiste associée à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, un théâtre qui – comme son nom l’indique – a accueilli durant toute son histoire des artistes d’horizons divers. Ici, pour la première fois, ma compagnie brésilienne collaborera avec des artistes français : le projet s’intitule Ithaque et porte sur L’Odyssée, les odyssées actuelles, petites et grandes, celles qui dépendent de nous et celles qui nous traversent ; il porte sur la tentative de “rentrer à la maison” au sens le plus ample – “maison” comme lieu de mémoire, mais aussi de futur.

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