A Villeneuve-de-Berg, quatre nouvelles médecins pour lutter contre la désertification médicale

Alors que le gouvernement vient de présenter son plan de lutte contre les déserts médicaux, reportage en Ardèche dans une maison de santé composée de quatre généralistes venues d’Ile-de-France.

Par Publié le 13 octobre 2017 à 10h07 - Mis à jour le 14 octobre 2017 à 14h51

Temps de Lecture 6 min.

Article réservé aux abonnés

La maison de santé pluriprofessionnelle de Villeneuve-de-Berg (Ardèche) occupe une partie des murs de l’ancien hôpital local de la commune. Certains patients âgés de la commune sont nés dans ce bâtiment.
La maison de santé pluriprofessionnelle de Villeneuve-de-Berg (Ardèche) occupe une partie des murs de l’ancien hôpital local de la commune. Certains patients âgés de la commune sont nés dans ce bâtiment. Camille Bordenet/Le Monde

En cet après-midi d’octobre, la salle d’attente aux murs vert pomme de la maison de santé de Villeneuve-de-Berg (Ardèche) ne désemplit pas. Les parents lisent à voix basse des histoires aux enfants, les anciens somnolent, les ados pianotent sur leur smartphones.

Venu accompagner sa petite fille, Didier se souvient encore du « soulagement » ressenti lorsqu’il a su qu’une structure médicale allait ouvrir sur la petite commune. Enfin, ce prof de maths allait pouvoir trouver un médecin traitant pour ses enfants dans ce territoire rural et sous-doté en médecins où ceux déjà installés peinent à prendre de nouveaux patients, et où les départs en retraite sont si difficiles à remplacer.

Lorsque la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) a ouvert en novembre 2013, ce n’est pas une mais trois – et bientôt quatre – plaques de généralistes que les habitants ont pu découvrir. Celles de deux mères et de leurs filles venues de la région parisienne : Véronique et Lise Coureau, 56 ans et 32 ans, Sylvie Mortain et Virginie Gouessant, 58 ans et 31 ans.

Les mères avaient fait leur carrière dans des cabinets franciliens, les filles terminaient leur internat. Elles ne se connaissaient pas avant mais partageaient cette même volonté de « venir exercer là où il y en a le plus besoin », ce même souhait d’une médecine de proximité « plus simple » et « plus globale », « moins une médecine de consommation ». Et l’envie d’une meilleure qualité de vie.

Leurs aspirations ont rencontré celle de la communauté de communes, qui avait initié ce projet de maison de santé et cherchait des médecins. Véronique Coureau, qui venait d’acheter une maison de vacances dans le coin, se souvient de ce coup de téléphone : « Ils avaient entendu parler de moi, il y avait un réel besoin. C’est là qu’on s’est dit pourquoi pas ?» 

Le docteur Véronique Coureau, 56 ans.
Le docteur Véronique Coureau, 56 ans. Camille Bordenet/Le Monde

Des pratiques différentes

Malgré l’envie, laisser ses patients de Sucy-en-Brie (Val-de-Marne) après vingt-trois ans d’exercice n’a pas été évident. Tout comme, pour sa fille, assumer le choix de s’installer dans une zone en pénurie de médecins au sortir de l’internat, quand tout vous pousse plutôt à rester à l’hôpital. Lise Coureau était déterminée mais elle se souvient de l’« incompréhension » de ses collègues d’internat à Paris.

Elle et sa consœur Virginie Gouessant ont pu compter sur certaines aides à l’installation (voir encadré), mais elles regrettent que les situations des conjoints, qui se retrouvent à devoir chercher du travail, ne soient pas également prises en compte. « Quand on fait ce choix, on emmène aussi une famille », souligne le Dr Lise Coureau, mère de deux petits garçons.

Il vous reste 66.66% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.