L’association Anticor en proie à des dissensions internes

Une fronde, centrée sur la question de la présence d’élus en son sein, divise le conseil d’administration de l’association anticorruption. Les adhérents seront appelés à trancher entre deux listes.

Par Publié le 05 juin 2020 à 10h42

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L’association anticorruption Anticor connaît depuis des mois d’importantes dissensions internes, qui divisent son conseil d’administration. Le 13 juin, les 3 800 adhérents de l’organisation, l’une des rares en France à bénéficier d’un agrément ministériel lui permettant de se porter partie civile dans des affaires de corruption, seront appelés à trancher entre deux listes opposées, l’une soutenant l’actuel bureau, l’autre représentant les « frondeurs ». Une situation inédite en dix-huit années d’activité.

L’origine de la querelle remonte à l’été 2019. Une partie des 21 membres du conseil d’administration de l’association, emmenée notamment par le référent pour la Dordogne, l’ancien magistrat Alain Bressy, souhaite réformer les statuts de l’association, contre l’avis du bureau, qui juge le projet peu urgent.

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La querelle s’envenime à l’automne, lorsque Eric Alt, alors vice-président et magistrat de profession, fait l’objet d’une enquête administrative à la suite de propos critiques sur le procureur de Corse, mais surtout pour avoir représenté l’association dans le cadre de la procédure visant Richard Ferrand pour l’affaire des Mutuelles de Bretagne, permettant aux avocats de ce dernier d’obtenir un dépaysement de l’affaire. Le conseil d’administration le soutient, mais l’épisode cristallise des tensions déjà vives. « Avoir un porte-parole magistrat, c’est un problème », soutient Marcel Claude, tête de liste des « frondeurs ». « Une dynamique d’opposition s’est créée », regrette Elise Van Beneden, l’actuelle présidente de l’organisation.

« On doit être exemplaires. Soit on fait de la politique, soit on est à Anticor »
Alain Bressy, référent Anticor pour la Dordogne

En février, le président d’Anticor, Jean-Christophe Picard, prévient les membres du conseil d’administration qu’il démissionne de ses fonctions pour se présenter aux municipales à Nice, sur la liste écologiste menée par un chef d’entreprise, Jean-Marc Governatori. Une annonce qui passe très mal.

« On doit être exemplaires, regrette Alain Bressy. Soit on fait de la politique, soit on est à Anticor. » « Anticor a été créée par des élus en 2002, c’est paradoxal de dire aujourd’hui que ce n’est pas bien d’avoir des candidats », répond M. Picard. « Ce n’est plus la même association », riposte Marcel Claude, très remonté contre cet « entrisme avec des gens intéressés par Anticor comme tremplin pour leur carrière politique ». « Moi, quand je vais quelque part, les gens savent que je suis d’Anticor, tempête le sexagénaire, on doit être libres. »

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