Crise économique : l’exécutif mise sur les partenaires sociaux

L’Elysée a reçu les organisations syndicales, jeudi. Des discussions vont s’ouvrir sur plusieurs sujets.

Par et Publié le 05 juin 2020 à 10h49

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Pour « sauver l’emploi », il faut « bâtir une nouvelle donne » en relation étroite avec les syndicats et le patronat. C’est le message qu’a voulu faire passer l’exécutif, jeudi 4 juin, à l’issue d’une rencontre entre Emmanuel Macron et les partenaires sociaux. Le président de la République a reçu à l’Elysée les leaders des principales organisations d’employeurs et de salariés, en présence du chef du gouvernement, Edouard Philippe. Plusieurs ministres, dont celui de l’économie, Bruno Le Maire, et sa collègue chargée du travail, Muriel Pénicaud, ont participé à cette séance de réflexion, organisée dans un contexte où le nombre de demandeurs d’emploi atteint des niveaux sans précédent – avec plus de 6 millions de personnes (en activité ou non) à la recherche d’un poste.

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Ce sont M. Le Maire et Mme Pénicaud qui ont porté la parole du pouvoir en place, à l’issue de la réunion qui a duré plus de trois heures. Pour conjurer les « menaces importantes sur le front de l’emploi », plusieurs annonces ont été faites par la ministre du travail, dans la cour du palais présidentiel. La principale mesure concerne les entreprises qui recrutent des apprentis : une « aide exceptionnelle » (de 5 000 euros ou de 8 000 euros, selon les cas) leur sera accordée, sous certaines conditions pour celles qui emploient au moins 250 personnes. Un coup de pouce financier dont le coût serait supérieur à 1 milliard d’euros, selon l’entourage de Mme Pénicaud. Le gouvernement cherche ainsi à maintenir la dynamique « historique » que l’apprentissage a connue en 2019. « Les jeunes ne sont pas la variable d’ajustement de la crise, a martelé la ministre du travail. On ne peut pas avoir une génération sacrifiée. »

Cette décision a été assez bien accueillie par l’ensemble des participants, notamment par le patronat – bien qu’elle ne soit pas tout à fait à la hauteur de ses attentes. « C’est ce qu’il fallait faire, même si on met un petit bémol au sujet des conditions imposées aux entreprises de 250 salariés et plus », confie Geoffroy Roux de Bézieux, le numéro un du Medef, dont l’organisation réclamait 10 000 euros pour toutes les sociétés enrôlant un apprenti. Ce sujet constituait « le point le plus consensuel » du conclave de jeudi, souligne Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT : « J’ai insisté pour que l’on évite au maximum les effets d’aubaine. » Attention aux « vieilles recettes » consistant à « donner de l’argent aux entreprises sans contreparties », prévient François Hommeril, le président de la CFE-CGC. « Si l’Etat ne met pas la pression sur la conditionnalité des mesures prises, cela ne débouchera sur rien », redoute-t-il.

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