La crise sanitaire continue de faire plonger les comptes de la Sécu

Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre le chiffre « historique » de 52,2 milliards d’euros en 2020 selon Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics.

Par et Publié le 03 juin 2020 à 10h56 - Mis à jour le 08 juin 2020 à 06h57

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Le chiffre a de quoi donner le tournis. Mardi 2 juin, Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, a annoncé, devant la commission des finances et celle des affaires sociales de l’Assemblée nationale, que le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 52,2 milliards d’euros en 2020. Un montant « historique » et « extrêmement inquiétant », selon lui. Et pour cause : il est supérieur de plus de 10 milliards d’euros à la première prévision que le ministre avait dévoilé le 22 avril (– 41 milliards d’euros) devant le Sénat. Le précédent record de 28 milliards d’euros datait de 2010, au plus fort de la crise financière qui avait éclaté deux ans plus tôt.

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La crise sanitaire, qui a entraîné un brutal coup d’arrêt de l’économie hexagonale, a fait plonger « dans le rouge les comptes publics de manière générale et singulièrement les comptes sociaux », a souligné M. Darmanin. Et fait voler en éclats les projections du gouvernement. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, votée en fin d’année dernière, avait anticipé un déficit de 5,4 milliards d’euros pour cette année. Au début du quinquennat, encouragé par une conjoncture économique favorable, l’exécutif espérait pouvoir atteindre l’équilibre dès 2019. Mais les concessions budgétaires faites en 2019 aux « gilets jaunes » ont eu raison de cette ambition, décalée à 2023. Interrogé mardi sur le sujet, M. Darmanin a de nouveau repoussé cette échéance. Selon lui, « on pourrait imaginer » ce retour dans le vert à « l’horizon de l’année 2024-2025 », mais ce n’est pas « un objectif pour l’instant totalement affiché, comme nous ne connaissons pas exactement la base de laquelle nous partirons cette année ».

Plusieurs facteurs expliquent cette chute spectaculaire. La masse salariale, qui constitue la principale source de recettes, s’est contractée sous l’effet du repli des embauches. Le recul passe ainsi à 9,7 % contre 7,5 % envisagé en avril. Les annulations de cotisations patronales prévues dans certains secteurs (restauration, hôtellerie, sport…) représentent, elles, 3,5 milliards d’euros de moins pour la « Sécu » mais elles seront « compensées par l’Etat », a précisé M. Darmanin. Elles ne contribueront donc pas à l’aggravation du déficit. En revanche, Bercy a pris en compte une « provision de 5 milliards » d’euros pour les reports de cotisations accordées aux entreprises et dont le paiement pourra être étalé sur trente-six mois.

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