Elections municipales : à Paris, Agnès Buzyn sort de son silence

Silencieuse depuis le 17 mars et sa troisième place au premier tour, la candidate La République en marche espère « ne pas laisser à Anne Hidalgo les pleins pouvoirs ».

Par Publié le 28 mai 2020 à 10h06 - Mis à jour le 28 mai 2020 à 11h32

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Agnès Buzyn a retrouvé la parole. Silencieuse depuis le 17 mars, l’ancienne ministre de la santé a confirmé, mercredi 27 mai, sa décision de rester la candidate de La République en marche (LRM) à la Mairie de Paris, après avoir beaucoup hésité. Pour pouvoir repartir au combat politique, elle a commencé à s’expliquer dans deux interviews accordées au Figaro puis à France Inter.

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La teneur de ces entretiens résume l’ampleur des difficultés devant elle. L’essentiel de son propos est consacré à justifier son comportement passé, ce qui risque d’être le cas pendant des mois. Quant au second tour désormais prévu le 28 juin, elle admet elle-même implicitement que ses chances de gagner sont très faibles. « Je ne souhaite pas laisser à Anne Hidalgo les pleins pouvoirs », dit-elle au Figaro pour résumer son ambition. Comme si la maire socialiste sortante ne pouvait qu’être réélue…

Au lendemain du premier tour, Agnès Buzyn n’avait pas caché ses regrets sur la campagne menée en dépit de la crise sanitaire liée au Covid-19. « Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu », avait-elle confié au Monde. Ajoutant : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. »

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Devant l’émoi provoqué, elle s’en veut aujourd’hui d’avoir répondu au Monde, et présente ses excuses : « Le mot mascarade était certainement trop fort. » A cette phrase près, elle ne reconnaît aucune erreur, ni sur sa gestion de l’épidémie, ni sur son départ du gouvernement, ni sur sa campagne, ni sur son silence après le premier tour.

L’épidémie ? Elle maintient avoir été l’une des premières à en imaginer la puissance, et avoir eu « l’intime conviction que le second tour ne pourrait pas avoir lieu ». Elle en avait alerté dès janvier le président de la République et le premier ministre. Mais « ce n’était pas une certitude », nuance-t-elle désormais. Plutôt « un pressentiment ».

Si elle a déclaré le 21 janvier que le risque de propagation du coronavirus était « très faible », c’est justement que son pressentiment était peu partagé par les scientifiques, souligne-t-elle. A l’époque, « il y avait moins de 300 cas en Chine, 6 décès, et seulement quelques cas hors de Chine », rappelle-t-elle. Publiquement, elle a donc repris à son compte l’analyse de l’OMS, qui s’est révélée totalement erronée.

Message brouillé

Sur la pénurie de masques, Agnès Buzyn refuse de reconnaître un manquement de sa part : « Il s’agit de dix années de succession de décisions d’autorités publiques diverses. » De même, elle assure ne pas regretter d’avoir quitté le gouvernement en pleine épidémie. « Avec mes équipes, nous avions mis en place un dispositif pour faire face à la crise et je savais que nous pourrions compter sur les formidables ressources de nos soignants », répond-elle au Figaro.

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