A Lyon, Gérard Collomb s’allie à LR et lui cède la tête de liste pour l’élection métropolitaine

Le maire de Lyon a annoncé une alliance avec la droite, s’effaçant ainsi derrière le candidat François-Noël Buffet pour lui laisser le fauteuil de président de la métropole de Lyon.

Le Monde avec AFP Publié le 28 mai 2020 à 17h03 - Mis à jour le 28 mai 2020 à 21h14

Temps de Lecture 2 min.

Le maire sortant de Lyon, Gérard Collomb, (2e à gauche), les candidats à la mairie de Lyon Yann Cucherat (à droite, LRM) et Etienne Blanc (à gauche, LR), et le candidat à la métropole de Lyon François-Noël Buffet (2e à droite, LR), le 28 mai 2020, à Lyon, lors d’une conférence de presse.

Après vingt ans de règne sur Lyon, Gérard Collomb assurera-t-il sa succession en passant le flambeau à la droite ? C’est le pari qu’il tente en s’alliant à LR, contre les Verts, au second tour des élections, tout en renonçant au premier rôle. « C’est un moment qui peut surprendre car nous venons de familles politiques différentes », a convenu jeudi 28 mai l’ex-ministre de l’intérieur, en prenant la parole aux côtés de ses nouveaux alliés.

« Mais aujourd’hui, nous voulons une union pour affronter la crise qui s’annonce et permettre la reconstruction de Lyon. »

Ce rapprochement était pressenti depuis quelques mois et la claque reçue le 15 mars par M. Collomb, arrivé dernier des favoris dans la course à la métropole, le rendait encore plus probable. Unique en France, la métropole est le véritable siège du pouvoir lyonnais dans la mesure où elle concentre sur son territoire les prérogatives du département et des communautés de communes.

M. Collomb, qui aura 73 ans en juin, a rapporté vouloir continuer « à travailler à la métropole et à la ville de Lyon ». « Je vais continuer à m’engager quelque temps », a-t-il dit, sans autre précision sur son calendrier et son rôle futur.

« Une coalition anticlimat »

Personne ne s’attendait, en revanche, à ce que le baron investi par La République en marche (LRM) renonce à briguer la présidence de la collectivité au profit de François-Noël Buffet (LR). En échange, le candidat de droite, Etienne Blanc, s’efface derrière Yann Cucherat, poulain de M. Collomb.

« Je l’ai proposé dès notre première rencontre », a assuré M. Collomb lors d’une conférence de presse commune, organisée au lendemain d’une entrevue avec le patron de la région, Laurent Wauquiez. Un timing qui n’a pas échappé à leurs adversaires.

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« C’est un accord entre Collomb et Wauquiez, une alliance contre nature, qui prend la crise actuelle comme alibi, au mépris des électeurs », dénonce David Kimelfeld, candidat LRM dissident à la présidence de la métropole, qu’il dirige depuis 2017. A l’époque, M. Collomb la lui avait confiée, avant que les deux hommes ne se brouillent.

« Gérard Collomb propose un nouveau projet politique : la droite plurielle », a ironisé Sandrine Runel, candidate de la Gauche unie (autour du PS) en passe de fusionner avec les Verts. Leur chef de file sur la métropole, Bruno Bernard, évoque, lui, « une coalition anticlimat, faite non pas pour porter un projet mais simplement faire opposition à la victoire des écologistes ».

« Une ligne rouge »

Reste à savoir comment ce rapprochement sera accueilli par les électeurs. « Ce n’est pas un petit défi, c’est le début d’une ambition importante en dehors de tout accord d’appareil », estime François-Noël Buffet. De fait, le scénario n’a pas convaincu la direction de LRM.

« En choisissant de s’allier avec Les Républicains avec la bénédiction [du président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes] Laurent Wauquiez plutôt que d’œuvrer au rassemblement de notre famille politique, Gérard Collomb franchit une ligne rouge. Je ne peux cautionner un tel accord politique », a estimé le patron de LRM, Stanislas Guerini. Ce dernier faisait manifestement référence à la lutte fratricide qui a opposé ces derniers mois M. Collomb à son ancien adjoint David Kimelfeld, lutte qui explique en partie son mauvais score du premier tour des élections.

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Maire de Lyon de 2001 jusqu’à son départ pour le ministère de l’intérieur, M. Collomb avait récupéré les clefs de l’hôtel de ville en 2018. Mais il avait dû se résigner à laisser en place son successeur à la métropole, David Kimelfeld, sa réélection n’y étant pas garantie.

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Le Monde avec AFP

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