Face à la crise, les espoirs contrariés du Rassemblement national

Pris dans des affaires financières et judiciaires, le parti d’extrême droite n’a pas profité à plein de cette période délicate pour le pouvoir en place.

Par Publié le 27 mai 2020 à 00h52 - Mis à jour le 27 mai 2020 à 05h35

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La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, lors de l’hommage annuel de son parti à Jeanne d’Arc, à Paris, le 1er mai.

L’extrême droite piétine. Sans percée ni dégringolade dans les sondages, Marine Le Pen vivote au cœur de la crise sanitaire. « Carences de l’Union européenne », « mensonges » du gouvernement, « fautes gravissimes » attribuées à Emmanuel Macron... La présidente du Rassemblement national (RN) tente de profiter de la défiance d’une partie des Français vis-à-vis de l’exécutif en attaquant sans relâche son adversaire de 2017. Pourtant, à ce stade, rien ne semble porter dans l’opinion.

« En période de crise, il y a toujours une prime à ceux qui sont aux manettes et peuvent agir », analyse le directeur général délégué de l’institut de sondages Ipsos, Brice Teinturier. Autant dire que le jour de gloire du RN, avec son faible maillage local et sa posture d’éternelle dénonciateur, ne semble pas encore arrivé.

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Mais il se rapproche, veulent croire ses proches. « La modification de la psychologie électorale est en cours », selon Philippe Olivier, eurodéputé RN, conseiller et beau-frère de Marine Le Pen : « Entre Mai 68 et 1981, où la génération 68 prend le pouvoir, il se passe un peu de temps… J’espère que nous, on ne mettra pas dix ans ! » Lui voit dans la crise sanitaire la « validation » de la vision lepéniste du monde, entre « besoin de souveraineté, critique de la mondialisation et demande accrue de frontières »

Coincée dans le même étau

Des thèmes sur lesquels Marine Le Pen n’a toutefois pas le monopole dans le champ politique. « Le fonds spécifique du RN, c’est l’immigration. Et ça, ça ne prend pas du tout en ce moment », précise Brice Teinturier, rappelant qu’en 2015, les attentats terroristes avaient profité électoralement au Front national (FN) : « Mais là, le Covid-19, ils ne peuvent pas le relier aux immigrés. » Bien qu’ils aient essayé.

Déjà sur les rails pour 2022, Marine Le Pen se trouve une nouvelle fois coincée dans le même étau : entre le fond antisystème de l’ex-FN et sa quête de crédibilité ; entre une stratégie de dédiabolisation, qui la banalise au risque de se faire déborder par plus extrême qu’elle, et une radicalité qui la ferait se heurter au mur de la crédibilité.

La voilà donc qui attaque à plein le président Macron et son gouvernement depuis des semaines, sans pouvoir aller aussi loin que des figures en marge du champ politique. Sans être aussi radicale qu’Eric Zemmour. Sans être aussi audible sur la crise sociale que Vincent Lindon. Sans capter aussi largement la colère des antisystème que Didier Raoult.

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