Elections municipales 2020 : à Paris, la drôle d’attente de LRM face à l’incertitude Agnès Buzyn

L’ex-ministre de la santé s’interroge : peut-elle mener la campagne du 28 juin alors que les commissions d’enquête parlementaires commenceront leurs auditions sur la gestion de la crise due au coronavirus ?

Par et Publié le 25 mai 2020 à 05h19 - Mis à jour le 25 mai 2020 à 14h36

Temps de Lecture 6 min.

Article réservé aux abonnés

Une affiche électorale de la candidate à la mairie de Paris, Agnès Buzyn, la veille du premier tour des élections municipales, le 14 mars.

Agnès Buzyn est-elle encore candidate à la Mairie de Paris ? Depuis quelques jours, la réponse ne semble plus évidente. Interrogée le 21 mai sur France Inter, Marlène Schiappa, pourtant candidate sur la liste Buzyn dans le 14e arrondissement, évite soigneusement de se mêler du dossier : « Je n’ai pas d’informations à cet égard, je suis dans l’incapacité de vous répondre », lâche la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes. Une demi-heure plus tard, sur LCI, le patron des députés La République en marche (LRM), Gilles Le Gendre, se montre à peine plus clair : « La candidate est légitime pour aller jusqu’au bout du combat », indique-t-il, sans préciser si ce sera effectivement le cas.

Ira, ira pas ? C’est le mystère. Du jamais-vu, à un mois d’un second tour de scrutin, désormais fixé au 28 juin. Officiellement, malgré des sondages inquiétants – Agnès Buzyn est entrée dans le club des personnalités politiques « suscitant le plus de rejet » –, LRM avait tranché. « S’il y a un second tour en juin, Agnès Buzyn sera notre tête de liste dans la capitale », martèle Stanislas Guerini, le patron du parti présidentiel. La garde rapprochée du président de la République continue de défendre l’ex-ministre de la santé. « Elle a mené campagne d’une bonne manière et obtenu un score pas déshonorant », estime un macroniste au sujet des 17,3 % de suffrages qui la placent en troisième position, après Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les regrets d’Agnès Buzyn : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade »

Le doute commence pourtant à monter. Alors que la maire socialiste, Anne Hidalgo, et Rachida Dati, sa rivale du parti Les Républicains (LR), ferraillent par médias interposés, le silence de la figure de proue macroniste interroge – au point que, sur France Inter, le 19 mai, le macroniste dissident Cédric Villani n’a pas exclu de la remplacer : « Si jamais Agnès Buzyn a une attitude qui compromet la candidature de La République en marche, (…) je resterai, comme toujours, ouvert à la discussion. » Histoire de mettre fin à cette période de silence pendant laquelle tout le monde a parlé à sa place, une grande « interview-vérité » d’Agnès Buzyn est semble-t-il prévue.

Murée dans le silence

Il faut dire que son entretien au Monde, le 17 mars, avait provoqué la colère noire du président de la République. Après avoir stoppé net sa campagne le lendemain du premier tour, elle confiait avoir vécu les dernières semaines comme une « mascarade », égrenait la liste des textos envoyés à l’exécutif pour prévenir que l’épidémie empêcherait peut-être le scrutin de se tenir. « Evidemment, tout cela va finir en justice », ajoutait-elle ce même jour à Cédric Villani, qui l’a raconté au magazine Elle. Depuis, l’hématologue a disparu des radars. Pendant quelques semaines, elle a renfilé sa blouse de médecin pour soigner les malades du Covid-19 de l’hôpital militaire de Clamart (Hauts-de-Seine). Puis elle est rentrée chez elle. Murée dans le silence.

Il vous reste 65.52% de cet article à lire.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.