Elections municipales le 28 juin : soulagement prudent à droite et au PS, LFI et RN réticents

Les maires sortants se sont félicités de la tenue du second tour en juin, mais certains partis s’inquiètent des conditions de la campagne.

Par , , et Publié le 23 mai 2020 à 10h32 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 10h42

Temps de Lecture 2 min.

Prudence est mère de sûreté. Les oppositions ont réagi à pas comptés à l’annonce d’Edouard Philippe, vendredi 22 mai, sur l’organisation du second tour des élections municipales le 28 juin dans les 4 922 communes où le premier tour n’a pas été conclusif. La décision de l’exécutif a plutôt été bien accueillie par les responsables politiques. Mais tous ont préféré aussitôt souligner combien il faudrait pouvoir tenir compte de l’état sanitaire du pays et prévoir toutes les mesures de sécurité nécessaires.

Les partis avaient laissé les maires tout comme les associations d’élus monter au créneau ces derniers jours pour réclamer la tenue d’une élection avant l’été afin de permettre de boucler un processus électoral interrompu par le confinement : il était urgent, clamaient-ils, de « déconfiner la démocratie » en faisant en sorte que tous les maires soient élus. Le soulagement est donc manifeste mais s’exprime mezza voce. « La décision de fixer au 28 juin le second tour des élections municipales permet de terminer le cycle électoral », s’est félicitée l’Association des maires de France (AMF).

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C’est à droite que la satisfaction est la plus visible. Ces derniers jours, les ténors du parti Les Républicains s’inquiétaient ouvertement de voir les collectivités locales à l’arrêt alors que leurs choix d’investissement étaient nécessaires à la relance économique. « Cette décision d’Edouard Philippe est raisonnable pour réussir le rendez-vous démocratique des municipales dans les meilleures conditions sanitaires : c’est l’intérêt général », s’est réjoui Guillaume Larrivé, député de l’Yonne. Christian Estrosi, maire LR de Nice, se faisait plus enthousiaste encore : « Merci au président et au gouvernement d’avoir su écouter les maires de France », a-t-il écrit sur Twitter.

« Garanties » réclamées

Du côté du Parti socialiste, on semble aussi rassuré. « Nous souhaitons que la démocratie reprenne ses droits dans des conditions sanitaires qui le permettent », appuie Pierre Jouvet, secrétaire national du PS. La direction socialiste réclame cependant des « garanties » pour que les candidats puissent s’adresser à leurs électeurs alors que les meetings sont impossibles et de faciliter l’équité de traitement dans la presse régionale. Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, s’est montré plus prudent en insistant sur la nécessité de distribuer des masques aux électeurs : « Il s’agit de garantir la sérénité du scrutin », dit-il. Quant au PCF, son secrétaire national, Fabien Roussel, a prévenu : « Il ne serait pas compréhensible qu’elles se tiennent (…) s’il y a encore des départements verts et rouges. »

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La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) semblaient nettement plus réticents. « L’exécutif prend le risque de répéter la faute du premier tour », réagissait sur Twitter Eric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis. LFI diffusait aussitôt un communiqué expliquant que maintenir un second tour le 28 juin équivalait à « tenir une élection sans permettre aux candidats de mener de véritable campagne ». Le RN s’est fait aussi grinçant, notamment Philippe Olivier, député européen, qui a dénoncé « une élection pour rien » avec un taux d’abstention qui risque de grimper en flèche. Résultat, selon lui : « Cela va donner une élection municipale totalement illégitime, au premier comme au second tour, avec une prime aux clientèles. »

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