Nouvelle-Calédonie : les indépendantistes veulent reporter le deuxième référendum

Vendredi, le Front de libération nationale kanak et socialiste a officiellement demandé le report à fin octobre du deuxième référendum sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie.

Par Publié le 23 mai 2020 à 10h24 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 10h45

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« Les Européens ont la montre, nous avons le temps. » La formule kanak prend une nouvelle fois chair dans l’actualité politique de Nouvelle-Calédonie. Réuni vendredi 22 mai en bureau politique élargi, le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a officiellement demandé le report à fin octobre du deuxième référendum sur l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie, normalement prévu le 6 septembre. Cette date avait été arrêtée par l’Etat fin 2019, après un consensus difficilement obtenu à Matignon entre loyalistes et indépendantistes, à l’occasion d’un comité des signataires de l’accord de Nouméa. En vertu du processus de décolonisation graduelle en cours, un premier scrutin référendaire a déjà eu lieu le 4 novembre 2018, remporté avec 56,7 % des suffrages par les partisans du maintien dans la France.

« A cause de la crise du Covid-19 et du report du second tour des élections municipales, le temps est désormais contraint. La campagne pour les municipales vient empiéter sur celle du référendum », a justifié Charles Washetine, porte-parole du bureau politique et élu territorial. « On propose le 25 octobre ou, au plus tard, le 1er novembre », a-t-il précisé. La loi organique de l’accord de Nouméa ne permet pas d’organiser le deuxième référendum plus de deux ans après le premier.

« Instrumentalisation » de la crise sanitaire

Les indépendantistes estiment en outre que « la droite a instrumentalisé à son profit la récente crise sanitaire ». Peu touchée par le coronavirus – seulement dix-huit cas et aucun décès –, la Nouvelle-Calédonie a toutefois été confinée près d’un mois entre le 24 mars et le 20 avril, dégradant un peu plus une activité économique minée par les incertitudes politiques. Pour aider à limiter la casse, l’Etat a renfloué les banques locales et a octroyé à l’archipel un prêt de 28 milliards CFP (235 millions euros). « Sans la France, jamais la Nouvelle-Calédonie n’aurait pu s’en sortir », ont fait valoir en chœur les leaders de L’Avenir en confiance (AEC, droite), coalition non indépendantiste au pouvoir.

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Dans ce contexte, les dirigeants du FLNKS veulent désormais « du temps pour aller convaincre les indécis ». Ils rappellent en outre qu’ils ont demandé à l’Etat de produire un document expliquant les conséquences du « non » à l’indépendance, sachant qu’un troisième référendum peut avoir lieu d’ici à 2022, mais aussi celles du « oui ». Avocats d’une indépendance en partenariat avec la France, les indépendantistes kanak souhaitent notamment que l’Etat précise « comment la gestion des compétences régaliennes pourrait être envisagée dans le cadre de ce partenariat » et comment s’organiserait la « période de transition avant la déclaration officielle de l’indépendance ». « Cette communication n’est attendue que fin juillet. Or elle sera un élément qui alimentera notre campagne », argumente Charles Washetine.

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