1er-Mai confiné : pas de manifestation des syndicats, mais pas d’unité non plus

Alors que le confinement empêche les rassemblements, la désunion demeure entre les centrales, qui n’ont pas trouvé de mot d’ordre commun dans la crise actuelle.

Par et Publié le 30 avril 2020 à 16h00 - Mis à jour le 01 mai 2020 à 05h34

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Pancartes et concerts de casseroles au balcon, occupation des réseaux sociaux, déploiement de banderoles sur les pas-de-portes… Confinement oblige, la célébration du 1er-Mai, journée internationale de solidarité entre les travailleurs, sera avant tout symbolique, ce vendredi. Les rassemblements étant interdits à cause de l’épidémie de Covid-19, impossible pour les syndicats d’organiser leur traditionnel défilé. Chacun a donc imaginé une mise en scène pour « occuper l’espace visible », selon la formule d’Eric Beynel, porte-parole de Solidaires.

Cette année, la CGT a cosigné une tribune, puis une pétition, avec une vingtaine d’organisations : des syndicats comme Solidaires ou la FSU – ses habituels alliés –, mais aussi des associations de défense de l’environnement, dont Greenpeace et Les Amis de la Terre. Une initiative plutôt rare de la part de la centrale dirigée par Philippe Martinez. La situation d’aujourd’hui « nous fait dire qu’il faut encore plus s’inscrire dans les mobilisations écologistes », explique Céline Verzeletti, membre de la direction de la CGT, qui ajoute : « On doit les lier aux urgences sociales et démocratiques. »

Un texte commun, intitulé « 1er-Mai : plus jamais ça ! », expose une longue série de revendications, du renforcement des services publics à la relocalisation en France d’activités, en passant par une meilleure prise en compte des « “invisibles” que la crise a pourtant révélé.e.s comme indispensables ». « Il s’agit d’agir sur les causes et non pas seulement sur les conséquences [des difficultés actuelles] », confie M. Beynel.

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« On sera orphelins de manifestations, mais pas question de confiner le 1er-Mai ! », s’exclame le secrétaire général de FO, Yves Veyrier. Contrainte de renoncer au rituel de la délégation devant le mur des Fédérés, à Paris, la confédération a décidé de renouer avec les origines internationales du 1er-Mai. Celui-ci avait vu le jour à la fin du XIXsiècle, à l’initiative du mouvement ouvrier aux Etats-Unis, pour obtenir la journée de travail de huit heures et la semaine de 48 heures. « On veut s’opposer à la possibilité de déroger à la semaine de 48 heures pour aller vers 60 heures, prévue par une des ordonnances que vient d’adopter le gouvernement, indique M. Veyrier. Nous sommes à un de ces moments où le symbole rejoint la réalité. »

Revalorisation

Quant aux syndicats dits réformistes – la CFDT, la CFTC, l’UNSA –, ils parlent d’une même voix, à travers une « déclaration commune », qui plaide, là aussi, pour une reconnaissance accrue des métiers « essentiels » à la population (soignants, agriculteurs, chauffeurs routiers…). « Nous avons choisi de placer ce 1er-Mai sous le signe du modèle de société et de l’organisation du travail que nous souhaitons, pour le monde de demain », indique Laurent Berger, le numéro un de la centrale cédétiste. Cyril Chabanier, le président de la CFTC, insiste, lui, sur la revalorisation des professions qui sont montées « en première ligne » durant l’épidémie et dont « l’utilité sociale et sociétale » vient d’être remise en lumière. Une telle démarche implique de revoir les « classifications métiers » afin de rehausser les rémunérations.

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