Chez les hauts fonctionnaires, « c’est la gestion de crise permanente »

Recteurs, préfets ou directeurs d’administration sont mobilisés pour assurer la continuité de l’Etat, parfois dans des conditions rocambolesques.

Par Publié le 24 mars 2020 à 13h00 - Mis à jour le 24 mars 2020 à 20h46

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File d’attente de ressortissants français devant le consulat de France à Marrakech, le 17 mars.
File d’attente de ressortissants français devant le consulat de France à Marrakech, le 17 mars. FADEL SENNA / AFP

Pour Hélène Le Gal, tout a basculé en une demi-journée. Jeudi 12 mars, le roi Mohammed VI appelle Emmanuel Macron pour lui annoncer que, du fait de l’épidémie, les liaisons aériennes entre les deux pays seraient fermées dès le lendemain midi. Pour l’ambassadrice de France au Maroc, cela signifie qu’il faut organiser en catastrophe le rapatriement de 22 000 Français de passage, le plus souvent pour des vacances.

Dès le jeudi soir, c’est le branle-bas de combat à l’ambassade. « Nous avons eu une demi-journée pour passer en mode cellule de crise, témoigne l’ambassadrice. Il a fallu installer une salle, brancher des ordinateurs partout, mettre en place une plate-forme téléphonique, organiser l’approvisionnement, des roulements pour les agents… Cette nuit-là, personne n’a dormi. »

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Dix jours plus tard, plus de 170 avions ont été mobilisés et la plupart des Français sont rentrés. Mais cela n’a pas été sans mal. La fermeture brutale des liaisons aériennes a rendu la situation explosive. Les touristes, subitement bloqués dans le pays, entassés dans les aéroports, sans vol, anxieux, stressés, certains se plaignant d’être laissés sans information, ont exercé sur l’ambassade une pression énorme.

Les agents ont travaillé quinze heures par jour, répondant aux appels des vacanciers mécontents ou inquiets : « Je suis parti de Nantes, je veux rentrer à Nantes ! » ; « Mais pourquoi faut-il que j’achète un second billet ? » ; « Je suis dans le sud du pays, un avion ne peut-il pas venir me chercher ? »« Les agents ont été très sollicités, reconnaît l’ambassadrice. Ils sont fatigués, ont peur de la maladie pour eux-mêmes mais leur dévouement est exemplaire. C’est ça, le service public ! »

« En France, on attend beaucoup de l’Etat »

Comme Mme Le Gal, de nombreux hauts fonctionnaires sont aujourd’hui au front pour faire tourner l’Etat pendant la crise sanitaire due au coronavirus. Recteurs, préfets, directeurs d’administration centrale… En France, dans les périodes troublées, on se tourne vers l’Etat. Le chef d’une grosse administration centrale, dont la femme est une diplomate danoise, constate que la logique est toute différente dans le pays de son épouse :

« Au Danemark, la responsabilité se situe plutôt au niveau des cellules locales ou des entreprises du territoire. En France, on attend beaucoup de l’Etat et tout le monde se réfère à lui. Il vaut donc mieux qu’il tienne la route. »

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