Coronavirus : 450 décès, 5 226 hospitalisations en France

Une prolongation du confinement – initialement devant durer jusqu’à la fin de mars – n’a, pour l’heure, pas été « actée », a déclaré le ministre de l’intérieur vendredi soir.

Le Monde avec AFP Publié le 20 mars 2020 à 05h17 - Mis à jour le 20 mars 2020 à 23h30

Temps de Lecture 9 min.

L’épidémie due au coronavirus a causé la mort de 450 patients, soit 78 supplémentaires en vingt-quatre heures. 5 226 malades sont hospitalisés, dont près de 1 300 dans un état grave en réanimation, a annoncé vendredi 20 mars le ministère de la santé. L’âge médian des contaminés est de 60 ans, et 6 % des personnes mortes à cause de la maladie ont moins de 60 ans. « La moitié des patients en réanimation ont moins de 60 ans », a toutefois rappelé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, qui a prévenu que l’épidémie touche aussi des « adultes jeunes ».

Une éventuelle prolongation du confinement en France n’est par ailleurs pas encore « actée ». C’est ce qu’a annoncé, vendredi, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, à l’issue d’un conseil de défense que le président Emmanuel Macron a réuni.

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  • Le confinement pourrait se prolonger, mais pas d’annonce officielle

« La prolongation du confinement [initialement devant durer jusqu’à la fin de mars] est une possibilité, mais cela dépendra évidemment de l’évolution de l’épidémie », a fait savoir le directeur général de la santé, lors de son point quotidien, précisant que cela dépendrait également « de l’application par tous du confinement. »

Au sortir du conseil des ministres, le ministre de l’intérieur avait confirmé cette information, insistant sur le strict respect des mesures actuellement en vigueur, sous peine de sanctions. « S’il n’a pas été question de durcir les mesures mises en œuvre, il a été décidé que leur mise en œuvre serait appliquée de façon plus stricte encore », a insisté Christophe Castaner.

Il a également écarté l’idée d’un couvre-feu national sur l’ensemble du territoire, malgré la volonté d’accompagner les mesures prises localement pour restreindre les déplacements (interdiction d’accès aux plages, aux parcs) et celle du couvre-feu à l’échelle d’une ville, comme Christian Estrosi l’a décidé ce matin à Nice. « Nous sommes vendredi soir, ne partez pas en week-end, restez chez vous », a, pour sa part, insisté M. Salomon.

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Les indications d’une prolongation de confinement se sont toutefois multipliées. L’Italie voisine, pays le plus touché d’Europe, a déjà annoncé qu’elle prolongerait sa propre mesure. Il « est assez probable que nous soyons obligés de prolonger le confinement », avait annoncé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye ce matin. Il pourra cesser « quand le virus ne circulera plus », a de son côté insisté dans Le Figaro Olivier Véran, le ministre de la santé, en estimant le nombre de malades actuels en France à 20 000.

  • Le Sénat adopte le projet de loi d’état d’urgence sanitaire

Le Sénat à majorité de droite a par ailleurs adopté, dans la nuit, en première lecture, le projet de loi permettant l’instauration d’un « état d’urgence sanitaire ». Le texte, voté par 252 voix pour, 2 contre et 90 abstentions, sera examiné, dès vendredi, par l’Assemblée nationale. Si elle l’adopte sans modifications, il sera considéré comme définitivement adopté. Dans le cas contraire, députés et sénateurs devront trouver un terrain d’entente en commission mixte paritaire.

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Malgré l’opposition de la gauche, le Sénat a prévu que l’état d’urgence sanitaire soit « déclaré pour une durée de deux mois » à compter de l’entrée en vigueur de la loi. Sa prorogation au-delà ne pourrait être autorisée que par la loi. Le texte diffère au moins jusqu’à mi-mai les réunions de conseils municipaux élus au premier tour, qui devaient se tenir de vendredi à dimanche pour désigner les maires. Concernant le sujet polémique du délai limite pour le dépôt des candidatures au second tour, le Sénat a finalement retenu la date du 31 mars.

Jérôme Salomon a également annoncé vendredi que « le gouvernement a décidé que l’ensemble des actes de télémédecine et de téléconsultation seront pris en charge à 100 % ».

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  • L’opposition attaque le gouvernement sur la pénurie de masques

L’opposition a pris le relais de l’indignation des soignants face à la pénurie de masques, le gouvernement rappelant pour sa part que la baisse des stocks d’Etat relevait de décisions prises au début des années 2010. « C’est catastrophique, les masques n’arrivent pas. Donnez-nous les vrais chiffres, reconnaissez que l’Etat est dépassé », a lancé jeudi soir devant le Sénat le patron du groupe Les Républicains Bruno Retailleau. « Aucune anticipation sur cette crise », a vilipendé la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, en estimant que « le pouvoir a adapté son discours à la pénurie qui existait ».

Plusieurs professions en première ligne face à la pandémie (médecins, infirmiers, pharmaciens, et vendredi les pompiers) ont fait état ces derniers jours de pénuries de masques.

Lors de son point presse, M. Salomon a, par ailleurs, fait savoir que le port du masque n’était pas utile à tous, notamment parce qu’il n’était pas toujours utilisé de la bonne manière en France :

« Il ne sert à rien de porter un masque si on n’est pas malade, c’est une denrée rare. La distanciation sociale et le respect des gestes barrières sont les meilleures armes. »

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  • L’opposition déplore des « modifications au code du travail »

Les sénateurs ont aussi « listé les catégories » de mesures que le gouvernement pourra prendre dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire. Concernant le volet de soutien aux entreprises, les sénateurs ont donné leur aval à l’ensemble des mesures, mais la gauche a bataillé ferme contre les dispositions touchant au droit du travail.

Le chef de file des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, a déploré des « modifications lourdes au code du travail », tandis que la présidente du groupe CRCE, à majorité communiste, Eliane Assassi, a fustigé des « propositions inacceptables ». Le texte permet notamment aux employeurs d’imposer la prise d’une partie des congés payés dans la limite de six jours ouvrables.

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  • Le Parlement adopte le nouveau budget

Le Parlement a définitivement adopté vendredi le projet de loi de finances rectificative destiné à prendre en compte, pour les comptes de l’Etat, les conséquences budgétaires de la pandémie de coronavirus. Le Sénat a validé, sans le modifier, le texte transmis par l’Assemblée nationale par 327 voix pour et aucune contre.

Ce projet de loi de finances rectificative est construit sur une hypothèse d’une contraction de 1 % du produit intérieur brut de la France en 2020 et sur un déficit public revu en hausse à 3,9 % du PIB. Pour tenter d’atténuer l’impact économique du coronavirus, qui paralyse une partie de l’activité mondiale, le gouvernement français a décidé d’apporter 300 milliards d’euros de garanties aux prêts des entreprises et de mettre en œuvre pour 45 milliards d’euros de mesures directes, notamment par des reports de charges fiscales et sociales.

  • Des associations dénoncent la verbalisation de SDF

Plusieurs sans-domicile fixe ont été verbalisés par les forces de l’ordre en France, car ils ne respectaient pas le confinement, se sont indignées des associations. « Nous demandons que des consignes claires soient transmises aux préfets pour que ces sanctions cessent immédiatement », a déclaré Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), qui regroupe 800 associations de lutte contre la pauvreté.

Des cas ont notamment été recensés à Paris, Lyon et Bayonne, précisent les associations. A Paris, « nous avons sensibilisé la préfecture au problème », a expliqué le SAMU social, qui gère le 115 (numéro d’urgence des sans-abri). Les associations réclament par ailleurs des autorisations de circulation permanentes pour leurs salariés, en particulier ceux chargés du travail de veille en équipes de rue ou en maraudes, auprès des précaires.

  • Blanquer promet « des sessions de rattrapage » cet été, « en particulier pour les élèves les plus en difficulté »

Le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer a assuré vendredi qu’il ne prévoyait pas de rogner sur les vacances d’été malgré la fermeture actuelle des écoles, mais que des modules scolaires gratuits de « rattrapage » seraient proposés en juillet et en août. Depuis lundi, tous les établissements scolaires sont fermés à cause de l’épidémie de coronavirus. C’est donc aux familles, grâce aux ressources éducatives en ligne et aux documents que leur transmettent les enseignants de faire la classe à la maison. Cette situation « ne devrait pas m’amener à changer les vacances d’été », a assuré le ministre, interrogé sur BFM-TV, avant de préciser :

« Par contre nous développerons certainement des modules de soutien scolaire gratuits, en particulier pour les élèves les plus en difficulté, des milieux défavorisés, pour que début juillet et fin août on puisse proposer des éléments de rattrapage pour ceux qui ont été handicapés. »

Il a par ailleurs une nouvelle fois assuré que le baccalauréat et le brevet devraient se tenir comme prévu fin juin : « je vais m’efforcer de garder les délais prévus », a-t-il dit, tout en concédant que les modalités de passage des examens « pourraient évoluer ».

  • 130 000 Français bloqués à l’étranger

Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a parlé vendredi matin sur Franceinfo du retour des quelque 130 000 ressortissants bloqués à l’étranger par la pandémie de Covid-19, que la France doit organiser. Pour les Français à l’étranger, a-t-il estimé, « la question la plus difficile, ce sont ceux qui sont de passage à l’étranger, en voyage, généralement pour des vacances ».

« Le principe de base, c’est que les 130 000, nous voulons les faire rentrer sur le territoire national. Ils le souhaitent et ils ont raison de le souhaiter », a-t-il ajouté. Sénégal, Pérou, Emirats, Tunisie, Maroc, Turquie… de nombreux pays ont suspendu leurs liaisons aériennes avec la France, l’un des pays les plus touchés en Europe par le coronavirus après l’Italie et l’Espagne. Le piège s’est alors refermé sur tous les ressortissants étrangers présents sur leur territoire.

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  • Les habitants de l’outre-mer appelés à la vigilance

Le directeur général de la santé, dans son point quotidien, a déconseillé aux habitants de l’outre-mer, actuellement en métropole, de rentrer chez eux :

« J’adresse aussi un message pour l’outre-mer : une dizaine de milliers de personnes pourraient vouloir rentrer de congés en métropole. J’adresse deux conseils : restez en métropole ou, si vous rentrez, respectez une quarantaine stricte pour ne pas contaminer vos proches, sinon la situation sera compliquée. »

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  • L’armée appelée en renfort pour déplacer des malades

Le porte-hélicoptères amphibie (PHA) Tonnerre, de la marine nationale sera envoyé à Ajaccio ce week-end pour « l’évacuation sanitaire de patients atteints du Covid-19 » vers des établissements de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a annoncé la préfecture de Corse. Cette mesure, prise par le président, « a pour but de soulager le service de réanimation du centre hospitalier d’Ajaccio afin d’anticiper la réponse de l’hôpital aux besoins d’hospitalisation des patients les plus graves ». La Corse, qui compte 340 000 habitants, dont 90 000 âgés de plus de 60 ans, comptait jeudi 164 cas confirmés de coronavirus, et sept personnes en sont mortes.

Le directeur général de la santé a aussi annoncé qu’une nouvelle opération va être menée avec l’armée pour « évacuer de nouveaux malades graves vers Bordeaux ». A l’heure actuelle, les efforts de l’armée étaient notamment tournés vers l’installation d’un hôpital de campagne à Mulhouse et le déplacement de malades graves par hélicoptère vers des établissements hospitaliers hors de la région Grand Est.

  • Le dispositif Sentinelle va « monter en puissance », indique Castaner

Le dispositif de l’opération Sentinelle de lutte contre le terrorisme va « monter en puissance » dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, a déclaré vendredi soir le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui répondait à des questions d’internautes via Facebook.

« L’armée, dans certaines missions, est au côté de nos forces de sécurité intérieure », a-t-il souligné, en précisant que les personnels du dispositif Sentinelle « ne font pas de contrôle de papier mais ils font de la sécurité, ils sont un vrai appui ». « On a décidé que ce dispositif monte en puissance et continue à nous accompagner. Ils vont nous accompagner un peu plus encore », a déclaré le ministre à qui il était demandé si l’armée pouvait être mobilisée dans la lutte contre la propagation du coronavirus, qui a donné lieu à une mesure de confinement de la population.

Le dispositif Sentinelle est chargé depuis 2015 de protéger les lieux particulièrement exposés au risque terroriste (lieux touristiques, aéroports, gares, sites religieux...). On compte 7 000 militaires déployés en permanence dans le cadre de Sentinelle et 3 000 autres mobilisables à tout instant pour renforcer ponctuellement la protection.

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