Municipales : les deux-tiers des villes de plus de 30 000 habitants sont stables depuis 1983

Sur 236 villes de plus de 30 000 habitants, 56 ont toujours voté à gauche et 53 à droite en trente-sept ans. Même en cas de changement de maire, 48 villes ont choisi un élu de la même tendance, dans cinq scrutins sur six.

Par et Publié le 14 mars 2020 à 11h03 - Mis à jour le 16 mars 2020 à 08h17

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Les deux tiers des villes ont un comportement électoral stable

Stabilité ou instabilité des 236 villes de plus de 30 000 habitants entre les élections municipales de 1983 et de 2014

Gauche

Stable (6 élections)

Quasi stable (5 élections)

Instable (4 élections)

Droite

Stable (6 élections)

Quasi stable (5 élections)

Instable (4 élections)

 

Instable (trois maires de gauche, trois maires de droite)

Île-de-France

Dans un climat de défiance généralisé à l’égard du personnel politique, les maires semblent encore épargnés. Ils bénéficient toujours d’une image positive dans l’opinion. Partout en France, les mairies quadrillent le territoire et représentent la République au plus près des habitants, à l’image des bustes de Marianne trônant dans les salles de mariage. Aussi les municipales constituent-elles un profond révélateur de l’état de la France, sans les excès de fièvre inhérents aux élections présidentielles.

Jusqu’aux deux derniers scrutins, une relative stabilité politique caractérise la vie politique à l’échelle municipale. Sur les 236 villes de plus de 30 000 habitants, 56 ont toujours voté à gauche depuis 1983 – date qui marque l’instauration du scrutin proportionnel avec prime majoritaire dans les communes de plus de 3 500 habitants, seuil abaissé à 1 000 habitants en 2014 – et 53 ont toujours voté à droite. Près de la moitié (46 %) des communes étudiées arborent la même couleur politique sans interruption depuis trente-sept ans. Voire plus pour certaines.

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S’y ajoutent 48 villes ayant choisi, dans cinq scrutins sur six, un maire de la même tendance. Soit, au total, 157 villes (66,5 %, soit les deux tiers) pouvant être qualifiées de stables. Même si, à l’intérieur de ces deux camps, les frontières se sont déplacées, en particulier au sein de la gauche à partir du moment où la social-démocratie a pris le pas sur le Parti communiste français et l’a réduit à la portion congrue. En 1983, ce dernier gérait 52 mairies dans des villes de plus de 30 000 habitants ; il n’en détient plus que 25.

Cette stabilité se traduit également en pourcentages de vote. Ainsi, entre 1983 et 2001, le poids de la droite aux élections municipales a connu des variations limitées, oscillant entre 51,3 % et 56 %, avant de chuter à 48,5 % en 2008 (présidence Sarkozy) et de connaître un pic en 2014 (présidence Hollande) avec 63,1 %.

Contexte social et politique perturbé

Toutefois, depuis l’inversion du calendrier électoral intervenue en 2001 – qui a pour effet de subordonner la majorité législative au vainqueur du scrutin présidentiel –, elles sont aussi devenues un moyen pour les électeurs d’exprimer leur jugement sur l’action du pouvoir exécutif. La popularité du président de la République en exercice devient un facteur clé du résultat des élections municipales.

Il en résulte une évolution notable du scrutin municipal, même s’il demeure fondamentalement un scrutin local influencé par les facteurs sociologiques de la commune auxquels se combine l’ascendant, ou non, du maire sortant. C’est ainsi que les élections municipales de 2008, un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, ont enregistré une nette poussée de la gauche. Mais, en 2014, deux ans après l’accession de François Hollande à la présidence de la République, c’est la gauche qui essuyait un revers sans précédent.

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