Réforme des retraites : la loi adoptée, majorité et opposition se rejettent la responsabilité du recours au 49.3

L’Assemblée nationale a adopté sans vote le projet de loi sur les retraites dans la nuit de mardi à mercredi, après le rejet des motions de censure déposées par la gauche et la droite.

Par , , , et Publié le 04 mars 2020 à 09h01 - Mis à jour le 04 mars 2020 à 11h37

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Le premier ministre, Edouard Philippe, lors du débat d'examen des motions de censure après l'utilisation du 49.3 par son gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 3 mars.

Le premier acte de la bataille des retraites à l’Assemblée nationale s’est achevé dans la nuit. Peu avant 1 heure du matin, mercredi 4 mars, les deux motions de censure, déposées l’une par la droite, l’autre par la gauche, pour s’opposer à la décision du gouvernement d’avoir recours au 49.3 sur cette réforme, ont été rejetées. Sans surprise. « En conséquence est considéré comme adopté le projet de loi instituant un système universel de retraites », a indiqué Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, devant la trentaine de parlementaires et les quelques membres du gouvernement encore présents à cette heure tardive.

Mardi, l’examen erratique de ce texte s’est donc achevé, avec la discussion des motions de censure, par le procès de la méthode. Celle du gouvernement d’une part, accusé d’avoir mal préparé sa réforme puis d’avoir précipité la fin du débat parlementaire en déclenchant le 49.3, samedi 29 février en fin d’après-midi, qui permet l’adoption d’un projet de loi sans vote. Celle des oppositions ensuite, en particulier de La France insoumise (LFI) et des communistes, accusés d’avoir eux-mêmes « saboté » l’examen de la réforme en orchestrant l’obstruction volontaire du débat avec le dépôt de plus de 30 000 amendements en séance publique.

« Un jour de honte »

Premier à monter à la tribune, Damien Abad, député de l’Ain et président du groupe Les Républicains (LR), a fustigé le « cynisme » du premier ministre qui, en déclenchant le 49.3, « a ouvert un front politique au moment où la gestion de la crise sanitaire [du coronavirus] imposait une unité nationale ». Pire, pour LR, l’exécutif est coupable d’avoir produit un texte original « mal ficelé, bancal, lacunaire, qui met toutes les professions, ou presque, dans la rue ». « Une concertation ratée, un calendrier précipité, un ministre remercié, un financement oublié, une loi bâclée », a tonné M. Abad. C’est, pour la droite, en somme, « un fiasco parlementaire ».

Un texte « mal écrit, inachevé », ce sont également les accusations portées par le président du groupe communiste, André Chassaigne, qui a, en outre, fustigé « un désastre démocratique » et « la dérive autoritaire du régime ». « Monsieur le premier ministre, il y a un an vous vantiez le grand débat, aujourd’hui vous pratiquez le sans débat », a renchéri Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste, dénonçant un « passage en force ». Devant plusieurs centaines de militants « insoumis », communistes ou encore de syndicalistes de la CGT et du Syndicat des avocats de France, Jean-Luc Mélenchon, n’a pas dit autre chose mardi en fin d’après-midi. « C’est un jour important que nous en sommes en train de vivre. Un jour de honte pour la démocratie parlementaire », a lancé le chef de file de LFI à ceux qui étaient réunis à l’appel de son mouvement à quelques pas du Palais-Bourbon en marge des discussions dans l’Hémicycle.

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