Réforme des retraites : Jacques Maire restera corapporteur du projet de loi, malgré ses liens avec Axa

Le député LRM était accusé de conflit d’intérêts. Finalement, ses parts dans l’entreprise spécialisée dans les produits d’épargne-retraite ne lui « interdisent pas (…) d’exercer les fonctions », selon la déontologue de l’Assemblée nationale.

Par et Publié le 28 février 2020 à 09h53 - Mis à jour le 29 février 2020 à 05h43

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Jacques Maire, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 24 février.
Jacques Maire, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 24 février. LUDOVIC MARIN / AFP

Peut-on être l’un des rapporteurs du projet de loi instituant un système universel de pensions et actionnaire d’Axa, premier groupe français sur le marché des produits d’épargne-retraite ? C’est la question que Jacques Maire, député (La République en marche, LRM) des Hauts-de-Seine, avait posée, mardi 25 février, à la déontologue de l’Assemblée nationale, Agnès Roblot-Troizier, après avoir été mis en cause par une partie de l’opposition pour un potentiel conflit d’intérêts.

La réponse, notifiée deux jours après, est synonyme de soulagement pour l’élu macroniste, puisque Mme Roblot-Troizier estime qu’il peut continuer à remplir sa mission. C’est ce qu’elle lui a indiqué, jeudi, dans un courrier de six pages que Le Monde a pu consulter. Toutefois, elle trouve que le parlementaire a péché par une trop grande discrétion sur ses anciennes activités professionnelles.

C’est Mathilde Panot, députée « insoumise » du Val-de-Marne, qui a sonné la charge. Le 11 février, elle lance sur Twitter : « Jacques Maire détient 13 836 parts dans Axa, pour des dividendes de 7 355 euros en 2017. Il n’est clairement pas à même d’être rapporteur d’une loi retraite. Serait-ce une loi pour les assurances par les assureurs ? » Une intervention qui braque les projecteurs sur le curriculum vitae du parlementaire. De 2002 à 2012, celui-ci fut un haut cadre de la compagnie Axa, au siège en France puis en Hongrie comme directeur général. S’il a quitté le groupe il y a huit ans, il a gardé un portefeuille d’actions, dont la valeur était estimée à 358 935 euros dans la dernière version de sa déclaration d’intérêts à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en date du 30 janvier 2019.

A la suite d’une levée de ses stock-options en 2018, sa participation a été portée à 17 699 actions, valorisées à hauteur de 400 174 euros à la même date. Ses dividendes se sont élevés à 12 990 euros en 2019. Pour la déontologue, « il aurait été souhaitable » que le député mentionne cette évolution, lorsqu’il a mis à jour sa déclaration d’intérêts, le 30 janvier 2019. Il s’agit d’« une erreur matérielle », à la suite d’une mauvaise manipulation informatique, selon M. Maire, qui a exprimé son intention d’apporter les corrections nécessaires.

Trois dispositions

Fils de l’ex-secrétaire général de la CFDT Edmond Maire, cet ancien conseiller régional socialiste a été désigné, fin janvier, comme l’un des rapporteurs thématiques de la réforme des retraites. Il a en charge le titre II du projet de loi ordinaire, dont le contenu ne porte « ni sur un système de retraite par capitalisation, ni sur les dispositifs d’épargne-retraite », souligne la déontologue.

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