Retraites : récit d’une première semaine de débats chaotiques à l’Assemblée

Cris, invectives, rappels au règlement, insultes sur Twitter… Les discussions dans l’Hémicycle sont fortement perturbées et s’enlisent.

Par Publié le 22 février 2020 à 09h22 - Mis à jour le 23 février 2020 à 14h09

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Quand l’Assemblée nationale reconstruit, de la base jusqu’au sommet, les régimes de retraites, il n’est pas illégitime de penser que les élus du peuple vont donner le meilleur d’eux-mêmes pour une tâche aussi noble et aussi ardue. Des idéalistes pourraient même se dire que dans le Palais-Bourbon vont s’engouffrer les esprits du Conseil national de la Résistance, signataire, en mars 1944, du programme « Les jours heureux », dont l’une des ambitions était de permettre « aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

Les députés, qui examinent en séance depuis lundi 17 février le projet de loi instituant le « système universel » promis par Emmanuel Macron, savent que le moment est historique. Plusieurs d’entre eux, au sein de la majorité et dans les groupes d’opposition, ont d’ailleurs cité les noms du communiste Ambroise Croizat et du gaulliste Pierre Laroque, qui posèrent « les principes fondateurs de notre Sécurité sociale (…) au lendemain de la seconde guerre mondiale », comme l’a rappelé l’un des corapporteurs, Nicolas Turquois (MoDem, Vienne). Mais l’heure n’est nullement à la concorde ni – à ce stade – au grand débat d’idées. Au contraire : les discussions dans l’Hémicycle ont, très fréquemment, été perturbées par les cris et par les invectives, tandis que la lecture du texte, totalement décousue, tournait à la course de lenteur – avec seulement quelques alinéas de l’article premier passés en revue par les députés, après cinq jours de travaux.

Temps d’échanges revu à la hausse

Un tel scénario était, en réalité, cousu de fil blanc. Avec des argumentaires qui se recoupent parfois, la droite et la gauche ont réaffirmé qu’elles étaient contre la réforme. C’est autant le fond que la méthode qui les indisposent. Les contradicteurs de l’exécutif et de la majorité dénoncent un « texte à trous », puisque des dispositions font encore l’objet de tractations avec les partenaires sociaux. Ils s’indignent aussi des nombreuses inconnues qui planent, tant sur le financement des mesures que sur la teneur des 29 ordonnances insérées dans le projet de loi, entièrement à la main du gouvernement. Enfin, le recours à la procédure accélérée les met en colère, quand bien même le temps des échanges a été revu à la hausse – à trois semaines, pour le moment. Et leur courroux n’a fait que croître, face à la menace d’un recours à l’article 49.3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un projet de loi sans vote.

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