Elections municipales 2020 : ces têtes de liste qui dissimulent l’étiquette de leur parti

Dans de nombreuses villes, les candidats aux municipales n’affichent pas leur couleur politique.

Par , et Publié le 12 février 2020 à 14h00

Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Affiche de campagne d’Anne Hidalgo, à Paris, le 13 janvier.
Affiche de campagne d’Anne Hidalgo, à Paris, le 13 janvier. CHARLES PLATIAU / REUTERS

« Aimer Paris », « Naturellement Clermont », « Toulouse ensemble »… Couvrez cette étiquette que l’électeur ne saurait voir. En s’éclipsant derrière des noms de listes œcuméniques dépouillées de toute coloration politique, nombre de candidats aux municipales jouent sur deux tableaux. Quel que soit leur bord, ils s’affichent « sans étiquette », tout en sollicitant investitures et soutiens décernés par les états-majors.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Pour les municipales, les maires de droite redoutent les étiquettes

Comment allier besoin d’être identifié et défiance généralisée envers les partis ? Comment ne pas subir localement les conséquences de la colère envers les formations politiques, tout en bénéficiant des atouts du système partisan ? « Mon parti, c’est ma ville », répondent en chœur les têtes de liste, du nord au sud et de gauche à droite.

Les Français sont aujourd’hui à peine 10 % à affirmer avoir confiance dans les partis

Même si elle a toujours existé aux municipales, cette tendance semble se propager. « Ce qui est nouveau, c’est la décote convergente de l’ensemble des partis », analyse Brice Teinturier, directeur général délégué de l’institut de sondage Ipsos. Les Français sont aujourd’hui à peine 10 % à affirmer avoir confiance dans les partis, et 65 % à penser que « la plupart des hommes et des femmes politiques sont corrompus ». Dans l’enquête annuelle « Fractures françaises » de septembre 2019, réalisée pour Le Monde par Ipsos-Sopra Steria, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne, seule l’image des petites et moyennes entreprises (81 %) et des maires (70 %) s’améliore, ce qui pousse d’autant moins les sortants à brandir leur étiquette.

Une filiation devenue honteuse

Cette stratégie locale n’est pas tout à fait nouvelle. En 2014, le bilan de François Hollande collait tant aux candidats du Parti socialiste (PS) que le poing et la rose avaient prestement disparu des tracts comme des affiches. Indésirables dans les manifestations, houspillés sur les marchés, les maires sortants se revendiquaient « du camp du progrès » ou « d’ouverture ». La tendance perdure à l’aube de ce nouveau scrutin. A l’exception de Martine Aubry, seule édile d’une grande ville à afficher son sigle socialiste, à Lille, convaincue que l’héritage social-démocrate parle encore sur ces terres de gauche. Les autres préfèrent s’appuyer sur leur bilan pour faire campagne, loin de leur parti.

L’extrême droite, elle, se confronte au paradoxe d’une flamme qui rapporte des voix, mais complique l’élargissement. Même Louis Aliot – artisan de la campagne présidentielle de 2002 de Jean-Marie Le Pen, membre du bureau exécutif actuel et moteur de la dédiabolisation – a retiré le logo du Rassemblement national (RN) pour attirer colistiers et électeurs de la droite traditionnelle à Perpignan. « Ne pas mettre l’étiquette RN, c’est avoir le beurre et l’argent du beurre finalement », résume Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’IFOP. A savoir, conserver les électeurs frontistes tout en permettant d’élargir l’assise.

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.