Coronavirus : « La vie démocratique doit reprendre ses droits » en France, le second tour des municipales fixé au 28 juin

Si le second tour ne peut avoir lieu le 28 juin, un projet de loi prévoit la tenue du scrutin « au plus tard jusqu’en janvier 2021 », selon le premier ministre. Quant à la campagne électorale, elle ne devra « pas devenir un facteur de circulation du virus ».

Le Monde avec AFP Publié le 22 mai 2020 à 10h58 - Mis à jour le 22 mai 2020 à 22h41

Temps de Lecture 6 min.

C’est désormais tranché : le second tour des élections municipales aura lieu le 28 juin, a annoncé vendredi 22 mai le premier ministre, Edouard Philippe, en prévenant que cette décision était « réversible » si les conditions sanitaires se détérioraient.

D’après le dernier bilan du ministère de la santé, communiqué vendredi soir :

  • Le nombre de personnes hospitalisées pour une infection au Covid-19 est toujours en baisse et s’établit à 17 383 (– 200), même si 263 nouvelles admissions ont été enregistrées en vingt-quatre heures.
  • Les services de réanimation comptent actuellement 1 701 cas graves (contre 2 202 il y a une semaine). En tenant compte des sorties, le nombre de patients y est en baisse, avec un solde de – 44 par rapport à jeudi.

Selon les données publiées sur le site de Santé publique France, 74 décès supplémentaires ont été enregistrés depuis jeudi dans les hôpitaux, portant le bilan des morts en France à 28 289. Toutefois, ce nouveau bilan n’inclut pas les décès survenus depuis jeudi dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, pour lesquels les données ne seront actualisées que lundi. Une pause dans la publication des données liée au long week-end, selon l’agence de santé publique.

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  • Pour les municipales, un second tour strictement encadré

Le premier ministre, Edouard Philippe, prend la parole au côté de son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, le 22 mai.
Le premier ministre, Edouard Philippe, prend la parole au côté de son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, le 22 mai. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

« Après avoir pesé le pour et le contre, nous pensons que la vie démocratique doit reprendre ses droits », a expliqué le premier ministre lors d’une conférence de presse à Matignon, en soulignant qu’une « clause de revoyure » avec le conseil scientifique interviendra d’ici à deux semaines.

Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, a ensuite précisé les modalités du déroulé de la campagne, estimant qu’elle devrait être menée « différemment » afin qu’elle ne devienne pas « un facteur de circulation du virus ». Il a évoqué notamment la nécessité de « privilégier les campagnes numériques ». Dans les bureaux de vote, les électeurs seront par ailleurs tenus de porter des masques.

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Le second tour des élections municipales, prévu le 22 mars, avait été reporté pour cause d’épidémie de Covid-19. La tenue du premier tour, le 15 mars, à la veille de l’annonce du confinement, avait été marquée par un bond massif de l’abstention, qui avait dépassé 55 % des électeurs.

Dans un avis au gouvernement transmis lundi, le conseil scientifique – chargé d’éclairer le gouvernement sur le sujet – ne s’est pas opposé à la tenue d’un second tour en juin, assorti toutefois de conditions pour renforcer la sécurité sanitaire durant l’ensemble du processus électoral.

  • « Il y aura des faillites » et « des licenciements », prévient Bruno Le Maire ; Renault dans la tourmente

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a prévenu vendredi sur Europe 1 qu’il fallait s’attendre à ce que la crise sanitaire entraîne « des faillites » et « des licenciements » en France « dans les mois qui viennent ». Le gouvernement compte réduire progressivement à partir de juin le dispositif de soutien au chômage partiel qui avait permis d’éviter jusqu’à présent des vagues de licenciements.

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L’usine de Flins, dans les Yvelines, emploie 2 600 salariés, qui assemblent les citadines Zoé (électrique) et la Micra du partenaire japonais Nissan.
L’usine de Flins, dans les Yvelines, emploie 2 600 salariés, qui assemblent les citadines Zoé (électrique) et la Micra du partenaire japonais Nissan. GONZALO FUENTES / REUTERS

Le site industriel de Renault à « Flins ne doit pas fermer », a également déclaré le ministre, alors que le constructeur automobile doit présenter un plan d’économies de 2 milliards d’euros. « Nous attendons maintenant les propositions globales du président Jean-Dominique Senard sur son plan pour l’alliance [Renault-Nissan] et son plan pour Renault », a ajouté M. Le Maire.

Selon Le Canard enchaîné, le constructeur automobile français envisagerait de fermer quatre sites en France – Flins, Dieppe, Choisy-le-Roi et la Fonderie de Bretagne – dans le cadre d’un plan de 2 milliards d’euros d’économies qui doit être dévoilé le 29 mai. Selon une source proche du dossier, il ne s’agirait toutefois pas à Flins d’une fermeture, mais de l’arrêt de la production automobile pour consacrer le site à une autre activité.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Renault envisage de fermer trois sites en France et de restructurer celui de Flins

Le fleuron industriel français se retrouve dans une très mauvaise passe, ayant vu ses usines et son réseau commercial paralysés par la crise due au coronavirus et les confinements décidés notamment en Europe, qui ont fait chuter le marché du neuf de 76,3 % en avril sur le Vieux Continent. Le groupe au losange était déjà fragilisé avant cet épisode, ayant subi en 2019 sa première perte nette en dix ans.

  • Appel à la vigilance lors du pont de l’Ascension

Plage du Couchant, à La Grande-Motte, le 21 mai. Il est possible de bronzer, à condition d’avoir réservé à l’avance son emplacement, délimité par des cordes.
Plage du Couchant, à La Grande-Motte, le 21 mai. Il est possible de bronzer, à condition d’avoir réservé à l’avance son emplacement, délimité par des cordes. SANDRA MEHL POUR « LE MONDE »

« Il fait beau dehors, on sait que c’est très compliqué et la tentation est forte après des semaines de confinement », a reconnu le ministre de la santé Olivier Véran, qui constatait déjà mercredi une « accélération » des « regroupements » à la veille du pont de l’Ascension.

Sur la côte méditerranéenne notamment, plages et plans d’eau ont continué à rouvrir, le plus souvent en « mode dynamique » : pas question de s’asseoir ou de faire des châteaux de sable, encore moins de s’allonger pour bronzer. En Occitanie, des dizaines de lacs et plans d’eau, notamment dans le massif pyrénéen, ont été rouverts au public pour la promenade, la pêche et quelques activités nautiques. Baignade et pique-nique restent interdits, comme les groupes de plus de dix personnes.

Il existe toutefois des exceptions : à La Grande-Motte, il est possible de bronzer, à condition d’avoir réservé à l’avance son emplacement, délimité par des cordes. Idem à Leucate, où l’on peut s’étendre sur la plage pendant deux heures, avec une distance de 5 mètres entre chaque groupe.

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  • Ramadan : la fête de la rupture du jeûne fixée à dimanche

L’Aïd-el-Fitr, la fête de la rupture du jeûne qui marque la fin du mois sacré de ramadan, aura lieu le dimanche 24 mai, a annoncé vendredi soir le Conseil français du culte musulman (CFCM).

« Compte tenu du contexte de pandémie, la prière de l’Aïd [dimanche matin] ne peut avoir lieu dans les mosquées », souligne le CFCM dans un communiqué. Une fédération composante du CFCM, le Rassemblement des musulmans de France, « appelle (…) à célébrer la prière de l’Aïd à domicile, individuellement ou collectivement dans le cercle familial restreint ».

L’Aïd-el-Fitr – ou Aïd-el-Séghir (petite fête) – est l’une des deux dates les plus solennelles du calendrier musulman avec l’autre Aïd, l’Aïd-el-Kébir – ou Aïd-el-Adha, la grande fête ou fête du sacrifice. Elle est traditionnellement l’occasion de repas de fête en famille, de visites rendues à ses proches et d’échanges de cadeaux.

  • Un nouveau foyer identifié en Ile-de-France

Un nouveau cluster a été identifié en Ile-de-France, le troisième depuis le déconfinement, sur le chantier de désamiantage d’un lycée (fermé) de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne). Neuf salariés sur une trentaine sont infectés, selon la préfecture du Val-de-Marne. Les malades ont été placés à l’isolement, et les cas contacts à risque placés en quatorzaine, tandis que le chantier continue, selon la préfecture.

  • L’encadrement du prix des masques maintenu jusqu’au 10 juillet

Essentiels pour se protéger, les gels hydroalcooliques et masques chirurgicaux à usage unique gardent un prix encadré jusqu’au 10 juillet, selon un décret publié vendredi. Le prix maximal des masques chirurgicaux non réutilisables est fixé à 95 centimes l’unité au détail, et à 80 centimes s’ils sont vendus en gros.

  • Les déménagements à plus de 100 km du domicile autorisés

Les Français peuvent déménager ou visiter un bien immobilier à plus de 100 km de leur lieu de résidence, malgré les restrictions actuelles, a indiqué vendredi dans un communiqué le ministère de la cohésion des territoires. « Un nouveau modèle d’attestation sera prochainement mis en ligne et précisera les pièces justificatives à fournir pour pouvoir effectuer ces déplacements », est-il précisé.

  • 70e jour de suivi en direct sur Le Monde.fr

C’est un record absolu ; jamais Le Monde n’avait permis à ses lecteurs de suivre en direct un événement d’actualité pendant soixante-dix jours consécutifs et quasi sans interruption, sauf au cœur de la nuit. Une expérience inédite pour le « desk » – les journalistes du Monde chargés du suivi de l’actualité en continu –, mais aussi pour les lecteurs, qui ont été, en moyenne, près d’un million à nous lire quotidiennement pendant cette période.

Making-of : Comment les journalistes du « Monde » assurent un « live » permanent depuis soixante-dix jours
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