Coronavirus : les abattoirs, lieux confinés et foyers d’infections

Promiscuité, atmosphère froide et humide… autant de raisons avancées comme explications aux nombreuses infections au Covid-19 recensées, de la France aux Etats-Unis.

Par , et Publié le 22 mai 2020 à 10h16 - Mis à jour le 23 mai 2020 à 05h57

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Unité mobile de test au Covid-19, dans les locaux de l’usine de transformation de viande de Westfleisch, à Hamm, en Allemagne, le 10 mai.
Unité mobile de test au Covid-19, dans les locaux de l’usine de transformation de viande de Westfleisch, à Hamm, en Allemagne, le 10 mai. INA FASSBENDER / AFP

Selon deux nouveaux décomptes officiels diffusés mercredi 20 et jeudi 21 mai, 109 cas d’infection au SARS-CoV-2 ont été détectés parmi les salariés de l’abattoir de Kermené, à Saint-Jacut-du-Mené, dans les Côtes-d’Armor, sur 1 027 testés, et 56 employés de l’établissement Tradival de Fleury-les-Aubrais (Loiret) ont été contaminés sur 397 dépistés. Ces cas viennent s’ajouter aux 11 personnes testées positives au sein de l’abattoir de volailles Arrivé, à Essarts-en-Bocage, en Vendée. Tous n’ont pas développé de symptômes et on est loin d’une nouvelle vague, mais ces abattoirs français ont bien été des foyers d’infection.

La situation n’est pas spécifique à la France : Allemagne, Australie, Espagne, Irlande… dans la plupart des pays touchés par la pandémie de Covid-19, des « clusters » ont été identifiés dans des abattoirs et usines de transformation de viande, avec parfois une issue fatale, comme pour trois salariés décédés de l’usine Cranswick dans le Yorkshire du Sud, au Royaume-Uni. C’est aux Etats-Unis que les employés de l’agroalimentaire paient le plus lourd tribut au virus : selon un décompte du réseau indépendant d’information sur l’alimentation FERN, 16 850 cas y étaient recensés au 21 mai au sein des abattoirs, et 64 personnes en sont mortes.

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Au même titre que d’autres lieux fermés et de promiscuité, comme les prisons ou les foyers de migrants, les abattoirs semblent avoir été un théâtre idéal pour la propagation du virus. Ces derniers mois, alors qu’une grande partie de la planète se confinait et que la demande en viande grimpait en supermarchés, les fournisseurs ont continué de fonctionner à plein régime.

Habitats vétustes et surpeuplés

L’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne, qui a mené les dépistages dans l’abattoir de Kermené, assure que tous les gestes barrières y ont été respectés. L’entreprise, propriété et fournisseur de viande et de charcuterie de l’enseigne des magasins E. Leclerc, est un des plus grands établissements de ce genre en France, employant près de 3 400 personnes. Les salariés de l’industrie de la viande sont déjà soumis à de nombreuses normes de sécurité sanitaire. Blouses, charlottes, bottes et masques font partie du quotidien, même en dehors des périodes épidémiques.

Stéphane Douchain, délégué syndical FGA-CFDT chez Tradival, a été touché par le Covid-19 mi-mars. « La direction a décidé de renforcer les mesures de protection des salariés à partir du 21 mars, raconte-t-il. L’usage du masque a été imposé depuis le parking et jusque dans les vestiaires. Mais le point noir pour nous, c’est le vestiaire, exigu, et dans lequel tout le monde ne garde pas les protections. » Fermé le 18 mai, le site pourrait rouvrir lundi 25 mai, maintenant que tous les salariés ont été testés et les personnes positives isolées. Un plan prévoyant notamment la réorganisation des espaces collectifs devrait être présenté aux représentants du personnel vendredi.

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