En Corée du Sud, des tests à grande échelle pour lutter contre la propagation du coronavirus

Le gouvernement, mis en cause par l’opposition conservatrice et par la communauté médicale, veut faire oublier sa gestion erratique en début de crise.

Par et Publié le 06 mars 2020 à 11h11 - Mis à jour le 06 mars 2020 à 11h28

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Désinfection dans une station du métro de Séoul, mercredi 4 mars.
Désinfection dans une station du métro de Séoul, mercredi 4 mars. Lee Jin-man / AP

La Corée du Sud vit désormais au rythme de ces notifications qui défilent sur les smartphones et détaillent chaque cas de contamination et son parcours récent pour alerter les personnes ayant pu être à son contact. Trois ou quatre messages par jour à Séoul, bien davantage à Taegu la ville qui regroupe 71 % des contaminations. « Nouveau cas confirmé. Un homme de 54 ans habitant du quartier de Banpo, dans l’arrondissement Seocho, s’est rendu le 26 février [au grand magasin] Newcore Outlet ». D’autres sont plus intrusifs, au risque que des personnes ne soient identifiées – comme celui concernant une employée de 27 ans de l’usine Samsung de Gumi (sud), qui a rendu visite à son ami à 23 h 30 le 18 février, ou ceux révélant des passages dans des love motels, ces établissements où se retrouvent les couples.

La mobilisation des autorités sud-coréennes face au coronavirus est entière, mais peine à faire oublier un certain aveuglement au début de la crise, qui aurait contribué à sa gravité. Vendredi 6 mars, le Covid-19 avait affecté 6 284 personnes – 518 de plus que la veille – et provoqué la mort de 42 d’entre elles. Ce bilan fait de la Corée du Sud le deuxième pays le plus infecté après la Chine.

Environ 10 000 personnes testées par jour

Séoul a tiré les leçons de la crise du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), qui avait fait 39 morts dans le pays en 2015. A l’époque, des patients avaient circulé d’un hôpital à l’autre, du fait d’un manque de kits de test et d’informations, au risque d’étendre la propagation. Cette fois, la Corée du Sud parvient à tester près de 10 000 personnes par jour. La séquence génétique du virus, partagée par la Chine avec l’OMS le 12 janvier, a été transmise aussitôt par les autorités sud-coréennes aux laboratoires pharmaceutiques, et les procédures d’autorisation ont été accélérées. De sorte que plus de 140 000 tests ont été réalisés.

Les efforts se concentrent sur les zones les plus affectées et sur une secte appelée Eglise Shincheonji (« nouveau monde ») de Jésus, qui regroupe 60 % des cas et dont les membres auraient propagé le virus alors qu’elle cherchait à développer ses liens avec la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie. Les porteurs sont ainsi identifiés plus tôt, permettant un taux de létalité plus faible qu’ailleurs – 0,6 % en Corée du Sud, contre 3,4 % en moyenne mondiale selon l’OMS.

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Les individus ayant été en contact avec des personnes s’étant rendues à Taegu doivent subir une première évaluation en appelant un numéro vert pour voir un généraliste ou entrer dans un hôpital – pour limiter les risques de contamination. Une station de test « drive-in » a même été installée à Goyang, dans la banlieue nord-ouest de Séoul : le patient peut réaliser le test à bord de son véhicule, réduisant ainsi le contact humain. Un service d’approvisionnement en masques a été mis en place dans les bureaux de poste. Des pulvérisateurs de solution hydroalcoolique ont été scotchés aux barres d’appui des bus.

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