Coronavirus : le port du masque de protection est-il une mesure efficace ?

En raison de la crainte épidémique, les fabricants de masques et les revendeurs peinent à faire face à la demande. En outre, les masques protègent-ils vraiment du virus ?

Le Monde avec AFP Publié le 02 mars 2020 à 13h58 - Mis à jour le 03 mars 2020 à 10h02

Temps de Lecture 4 min.

Des employés emballent des masques de protection sur une chaîne de montage de l’usine Valmy à Mably (Loire), le 28 février 2020, où le nombre de salariés a triplé avec la propagation de la maladie Covid-19 en Europe.
Des employés emballent des masques de protection sur une chaîne de montage de l’usine Valmy à Mably (Loire), le 28 février 2020, où le nombre de salariés a triplé avec la propagation de la maladie Covid-19 en Europe. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Depuis samedi 29 février, la France est devenue l’un des principaux foyers du coronavirus en Europe, avec 178 cas recensés depuis la fin de janvier. Parmi eux, douze personnes sont guéries, trois sont mortes et 116 sont hospitalisées, dont neuf dans un état grave, selon le dernier bilan annoncé dimanche soir par le ministère de la santé.

Lire aussi : Visualisez la propagation du coronavirus dans le monde sur une carte

En raison de la crainte épidémique, les fabricants de masques de protection et les revendeurs peinent à faire face à la demande. Mais, ces mesures dites « barrières » face au virus SARS-CoV-2 sont-elles efficaces ? Le point.

  • Quand faut-il porter un masque de protection ?

Comme l’a rappelé le ministre de la santé, Olivier Véran, le port du masque est recommandé uniquement pour les personnes ayant séjourné dans les zones identifiées « à risque » – la Chine, Singapour, l’Iran, la Corée du Sud, la Lombardie, la Vénétie – et ce « pendant les quinze jours suivant leur retour ». Le port du masque sanitaire « est également plus que recommandé pour les malades afin d’éviter la diffusion de la maladie par voie aérienne », a poursuivi M. Véran. Toutefois, a-t-il insisté :

« Le port du masque par la population non malade n’ayant pas voyagé dans les zones à risque n’est pas recommandé car son efficacité n’est pas démontrée. »

« On n’est pas dans un virus qui flotte dans l’air » mais qui « se transmet par les personnes qui éternuent, qui se mouchent et qui vous serrent la main, donc c’est vraiment du contact », a souligné, de son côté, le directeur de la santé, Jérôme Salomon.

Début mars, le gouvernement a légèrement changé ses recommandations en préconisant le port du masque uniquement pour les personnes présentant des symptômes.

  • Quels sont les types de masques qui existent ?

Il existe deux grandes catégories de masques, détaille le ministère de la santé sur son site :

Les masques chirurgicaux : peu efficaces pour se protéger.

Une femme porte un masque chirurgical dans la rue, le 2 mars, à Beyrouth, au Liban.
Une femme porte un masque chirurgical dans la rue, le 2 mars, à Beyrouth, au Liban. JOSEPH EID / AFP

Ils sont les plus basiques et les plus courants. Ils permettent de protéger les personnes avec qui le porteur du masque entre en contact – son entourage, mais aussi les autres individus côtoyés dans les lieux publics –, lorsqu’il tousse ou éternue, par exemple. Il doit être jeté dès qu’il est souillé. Ces masques ne protègent pas directement leurs porteurs et sont donc inefficaces chez les personnes non malades qui veulent éviter une contamination. Ces masques doivent être jetés dès qu’ils sont mouillés ou souillés.

Les masques de protection respiratoire (de type FFP, pour Filtering Facepiece Particules) : efficaces, mais à durée d’utilisation limitée

Plus performants, ces masques se composent d’une pièce faciale et d’un dispositif de filtration efficace des bactéries et des aérosols. Ce dispositif protège d’une éventuelle contamination d’un tiers par voie respiratoire.

Il existe plusieurs types de modèles, hiérarchisés selon le degré de filtration :

  • 78 % des particules pour le FFP1 ;
  • 92 % des particules pour le FFP2 ;
  • 98 % des particules pour le FFP3.

Le masque FFP2, également appelé le « masque canard », demeure la protection de référence en cas d’épidémie. Il a été utilisé contre le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), entre autres. Son port est préconisé pour les personnes à risque majeur d’exposition, telles que les professionnels de santé au contact des malades. Sa durée de protection varie entre trois et huit heures.

Un personnel soignant à Marseille, le 26 février.
Un personnel soignant à Marseille, le 26 février. GÉRARD JULIEN / AFP

Pour résumer : les masques chirurgicaux sont destinés aux personnes malades ou présentant des symptômes afin qu’ils ne contaminent pas leur entourage. Les masques FFP2 doivent, eux, être octroyés aux personnels soignants, beaucoup plus exposés au risque de contamination. A noter que les masques antipollution ne sont pas efficaces pour se protéger du SARS-CoV-2.

  • Où acheter les masques ?

Les pharmacies restent l’endroit le plus fiable pour se procurer des masques. Sur Internet, il faut être vigilant et vérifier que les masques sont conformes aux normes des autorités de santé.

  • Combien coûte un masque ?

En temps normal, le prix des masques chirurgicaux varie entre 20 et 50 centimes l’unité, mais depuis le début de l’épidémie coronavirus, celui-ci s’est envolé et peut même tripler. Les masques de protection respiratoire de type FFP sont plus chers : pour les modèles FFP2, les prix varient entre quelques euros et 20 euros l’unité en moyenne ; pour les modèles FFP3, il faut débourser plusieurs dizaines d’euros l’unité. A l’instar des masques chirurgicaux, les masques de protection FFP subissent des hausses de prix considérables depuis le début de l’épidémie de Covid-19.

  • Y a-t-il un risque de pénurie en France ?

Ruptures de stock ou délais d’approvisionnement allongés… Face à la propagation du SARS-CoV-2, les fabricants de masques de protection, ainsi que leurs revendeurs, peinent à faire face à une demande qui explose, en pleine psychose. Dans certaines pharmacies, des panneaux signalant l’absence de masques ont commencé à apparaître. La Chambre syndicale de la répartition pharmaceutique confirme que plusieurs de ses adhérents sont en rupture d’approvisionnement de masques chirurgicaux. Pour ajouter aux difficultés d’approvisionnement, la Chine, épicentre de l’épidémie, est elle-même le principal producteur de masques au monde.

Le ministre de la santé a annoncé, la semaine dernière, avoir « décidé de déstocker 15 millions de masques antiprojections » dans les stocks constitués par l’Etat pour les distribuer dans les pharmacies et les hôpitaux aux professionnels de santé et aux personnes « à risque ». L’exécutif s’apprête d’ailleurs à transmettre des instructions aux pharmaciens pour qu’ils ne délivrent plus de masque, sauf avec une ordonnance du médecin. Comme le souligne Olivier Véran :

« En situation épidémique, vous protéger, c’est protéger aussi les autres, et ce sont les petits gestes qui font une grande protection. »

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