Coronavirus : le bilan monte à 1 770 morts en Chine et l’évolution reste « impossible à prévoir »

Le nombre quotidien de décès est en baisse pour la troisième journée consécutive alors qu’une rencontre entre experts internationaux et chinois a démarré à Pékin.

Le Monde avec AFP Publié le 16 février 2020 à 02h04 - Mis à jour le 17 février 2020 à 05h11

Temps de Lecture 4 min.

Un employé médical assiste un patient dans un service isolé de l’hôpital de Wuhan, le 13 février.

Des experts internationaux dépêchés à Pékin par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont commencé à discuter avec leurs homologues chinois de l’épidémie du nouveau coronavirus, dont la propagation est « impossible à prévoir », a annoncé dimanche 16 février, dans la soirée l’agence de l’ONU. « Nous avons hâte que cette collaboration importante et vitale contribue aux connaissances mondiales sur l’épidémie de #COVID19 », a estimé le chef de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus sur Twitter.

Cette rencontre intervient alors que le bilan de l’épidémie de pneumonie virale s’est encore alourdi en Chine continentale avec désormais 1 770 morts, selon des chiffres officiels publiés lundi. Ce chiffre confirme un ralentissement du nombre quotidien de nouveaux décès (105 lundi contre 142 dimanche et 143 samedi). De plus, le nombre de nouveaux cas recensés en dehors du Hubei était de seulement 115 lundi, contre près de 450 une semaine plus tôt.

En dehors de la Chine continentale où au moins 70 500 personnes ont été infectées, près de 600 cas de contamination par l’épidémie du coronavirus, ont été confirmés dans une trentaine de pays. Ce chiffre dépasse celui des décès du Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère, une pneumonie atypique) qui a tué 774 personnes dans le monde en 2002-2003.

Seules cinq morts ont été enregistrées ailleurs dans le monde. Taïwan a enregistré dimanche son premier mort dû au nouveau coronavirus, un chauffeur de taxi de 61 ans. Cet homme originaire du centre de l’île de Taïwan, qui souffrait déjà de problèmes de santé mais qui n’avait pas voyagé récemment à l’étranger, est mort à l’hôpital après un test positif au coronavirus, ont fait savoir les autorités.

Il s’agissait d’un « chauffeur de taxi sans permis. Ses principaux clients étaient des personnes s’étant rendues en Chine, à Hongkong et à Macao », a déclaré à la presse le ministre taïwanais de la santé, Chen Shih-chung. Le ministre a assuré que les autorités étaient en train d’étudier la liste et l’historique de voyage des clients du chauffeur de taxi afin d’identifier le porteur du virus.

Fin de quarantaine en Allemagne et en France

La France a pour sa part fait état samedi de la première mort due au nouveau coronavirus en dehors d’Asie. Après quatorze jours de quarantaine près de Marseille, quelque 120 personnes évacuées de Wuhan en Chine ont, elles, commencé à recouvrer la liberté dimanche. Il s’agit de la deuxième vague de rapatriés en France à pouvoir sortir du centre de vacances de Carry-le-Rouet, que 181 personnes avaient déjà pu quitter vendredi.

Par ailleurs, 122 ressortissants allemands placés en quarantaine début février en Allemagne, après leur évacuation de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie du nouveau coronavirus, sont sortis de l’isolement dimanche, ont annoncé les autorités du pays. 

« Toutes les personnes concernées ont pu sortir de la zone de quarantaine pour rejoindre leur famille », s’est félicité dimanche le secrétaire d’Etat allemand à la santé, Thomas Gebhart, au cours d’une conférence de presse. Aucune d’entre elles n’est contaminée par le SARS-CoV-2, selon les autorités, qui ont procédé à plusieurs tests de détection, « tous négatifs ». L’Allemagne est toutefois le pays européen comptant le plus de personnes infectées par le nouveau coronavirus chinois, avec 16 cas.

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Début de l’évacuation des passagers américains

Le principal foyer d’infection hors de Chine reste le paquebot de croisière Diamond-Princess, en quarantaine au Japon : 355 cas de contamination y ont été confirmés (dont 73 ne présentent pas de symptômes). « Jusqu’à présent, nous avons effectué des tests sur un total de 1 219 personnes et 355 se sont révélés positifs », a déclaré le ministre japonais de la santé, Katsunobu Kato, lors d’une émission politique matinale sur la chaîne publique NHK. Cela signifie que 70 cas de plus ont été confirmés depuis samedi.

Quelque 3 700 passagers et membres d’équipage restent confinés dans leurs cabines. Les ressortissants des Etats-Unis se trouvant à bord du Diamond-Princess ont commencé à être évacués dimanche. Au moins quarante d’entre eux ont été infectés par le coronavirus, ont annoncé dimanche les autorités américaines. « Ils vont être traités dans des hôpitaux au Japon », a précisé sur la chaîne CBS Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des maladies infectieuses, alors que les Etats-Unis ont commencé à évacuer leurs ressortissants bloqués sur le navire depuis le 5 février.

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Une équipe internationale d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devait arriver à Pékin ce week-end pour une mission commune avec leurs homologues chinois. Ils réaliseront des inspections sur le terrain, passeront en revue les mesures de prévention, visiteront des centres de recherche et formuleront des recommandations pour contenir l’épidémie, a précisé un porte-parole du ministère chinois de la santé, Mi Feng.

« La Chine fait gagner du temps au monde. Nous ne savons pas combien de temps », a de son côté déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, dans un discours samedi à Munich (Allemagne) où se déroule une conférence internationale sur la sécurité. « Nous demandons à tous les gouvernements, à toutes les compagnies et à tous les médias de travailler avec nous pour faire retentir le niveau d’alarme requis sans attiser les flammes de l’hystérie », a-t-il ajouté.

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