Faire payer l’entrée dans les parcs nationaux français ? Une idée émergente « délicate à assumer politiquement »

Pour répondre au manque de financement des parcs nationaux, certains spécialistes, pour l’instant minoritaires, réfléchissent à l’instauration de droits d’accès à certaines zones naturelles protégées.

Par Publié le 13 février 2020 à 05h32 - Mis à jour le 13 février 2020 à 19h25

Temps de Lecture 4 min.

Relire l’article

Bienvenue dans l’espace de réactions

Pour améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

Les contributions (40)

m_c 25/02/2020 - 08h06

Il est bizarre de qualifier le CGDD de "cercle de réflexion lié au gouvernement" : c'est une des directions du ministère de la transition écologique et solidaire, ce n'est pas un think tank ou un club de réflexion.

expression libre 23/02/2020 - 00h00

Encore une excellente idée venue de nos amis Nord-américains. Il faut tout faire comme eux, détruire le modèle français. Et après, pourquoi pas y autoriser la chasse et la pêche aussi, comme au Canada; voire autoriser les forages pétroliers, comme aux US , pour financer les parcs, évidemment... Il faut tout privatiser et tout doit être au service de l'Homme (blanc, riche et sans scrupule, of course). Pendant ce temps là, l'écart entre les très riches (dont je doute que peu de lecteurs ici puissent affirmer faire parti et qui malgré tout font de ce journal, un journal de - en - de Gôôche) et la majorité de la population qui s'appauvrit. Simon Jolivet et Gilles Martin sont de quel bord politique? Cela rendrait l'article plus clair sur qui nous fait ce genre de proposition, au lieu d'aider l'Etat à récupérer plus d'argent de façon constructive: par exemple là où il se concentre ;-)

JphiT 14/02/2020 - 22h07

Voilà une très mauvaise idée, inefficace et qui va à contre sens de la protection et valorisation du patrimoine.
Il vaut mieux taxer les séjours au ski, les coureurs de trial et tous les secteurs qui profitent de la montagne pour faire du commerce et de l'argent. Il y a bien plus d'argent et des pollueurs en pagaille , la démarche sera efficace et juste.

Olivier75 14/02/2020 - 16h30

Pour protéger la biodiversité, il faut interdire les visites dans les parcs. Les effets positifs sont certains et pas de jaloux. J'autorise la visite de quelques chanceux tirés au sort avec prison à vie en cas de marché noir. Quel bel avenir !

NonMais 14/02/2020 - 09h12

Faire payer les droits d’entrée n’apportera que des problèmes. Prenons l’exemple du Chili. Cela représente 50% du financement des parcs car l’Erzt s’est désengagé de leur protection. Les parcs sont sous-financés et leur maintien est essentiellement dû au volontarisme et l’expérience de Conaf. Cependant, avec l’expansion du tourisme, ce manque de $ est criant et empêche une vrai politique de conservation de la biodiversité. Pour trouver d’autres financements, les infrastructures et la conservation sont concessionées. La finalité des concessions est plus tournée vers la rentabilisation des aménagements que vers la conservation environnementale. Résultat, on encouragera sur fréquentation (voir Torres del Paine).

le sceptique 13/02/2020 - 23h07

L 'écologie est née au 19e comme passion de riches (des aristos, des bourgeois), elle porte la marque de ses origines. Beaucoup parmi les premiers naturalistes ont vu avec horreur la société de masse moderne et ce qu'elle impliquait : des entreprises qui travaillent partout, des humains qui se répandent partout. Les riches Anglais, qui aimaient bien les petits oiseaux et les grandes chasses, ont fait un paquet de réserves naturelles dans leur Empire en virant des pauvres et autochtones. Les riches Américains ont fait pareil chez eux, rebaptisant "vierges" (pristine) des espaces de parcs nationaux où ils ont quand même viré quelques communautés indiennes gênantes.

Ces Anglais et Américains sont aussi des pragmatiques : tu veux protéger, tu fais payer, à la fois pour limiter l'afflux et pour créer de la ressource. Le droit d'entrée local évite d'avoir trop d'impôt général. La nature aussi deviendra capitaliste : ce sont les (allégués) services rendus par les éco$y$stème$.

le sceptique 14/02/2020 - 18h14

@ Longuedistance : juridiquement, les parcs nationaux sont des établissement publics administratifs. Le fait qu'ils décident de lever une taxe de visite sur des espaces naturels représente un début de monétarisation de la nature. La logique vraiment capitaliste voudrait que l'on privatise cette gestion, mais c'est souvent ainsi que cela finit : l'Etat essaie de gérer quelque chose (en ce moment, rien que... toute la nature!), cela devient très vite une bureaucratie lourde et coûteuse, l'incapacité étatique à accorder ses objectifs et ses moyens produit du déficit et de l'inefficience, à la fin on se dit "mince, il y a une dette de plusieurs milliards, et si l'on confiait cela à une entreprise privée en délégation de service public?". Enfin bon, on verra, mais de toute façon le message est à mon sens : il faudra payer pour la nature car la nature est devenue un service rare, fragile, convoité. La "gratuité", c'était quand il y avait peu d'humains sur une vaste Terre...

LongueDistance 14/02/2020 - 08h22

@le sceptique Un peu le même système que l'on voit en Asie et où, effectivement, si les populations locales n'en tirent pas bénéfices, elles n'en voient pas l'utilité de ces réserves et au contraire. Cela y créer de l'hostilité. Exemple Laos, Cambodge et c'est je crois à Sumatra où finalement ils ont arrêté de braconner je ne sais plus quelle bestiole pour la revendre aux Chinois à partir du moment où ils ont été payer pour la protéger. Ca me fera bizarre quand même de payer. En revanche je n'arrive pas à parler de capitalisme, ce n'en est pas, il n'y a pas appropriation privée du capital de production, ça créer du profit mais qui sert uniquement - y a intérêt - à l'entretient du lieu dans l'intérêt commun. On peut en revanche discuter du "commun", ou alors au moins par procuration car ce lieu continuera d'être préservé même pour les non promeneurs. Sauf que si l’État s'en mêle, surtout le français il va s'y créer une politique redistributrice Picketienne qui fera monter l prix

Olivier M 13/02/2020 - 20h50

N'importe quoi... je vous avoue que je n'ai même pas lu l'article, mais je n'en ai pas envie. Rendre payant l'accès à des espaces naturels ? Mais quelle imbécilité ! Je suis un amoureux de la nature, pratiquant de randonnées... le sentiment de liberté, voilà ce qui me plait dans ces parenthèses hors de la modernité. Payer un ticket pour la liberté ? Quelle idée génialissime ! Bravo messieurs, il y en a vraiment qui sont payés à rien faire...

MateoL 13/02/2020 - 19h55

On pourrait aussi laisser l'accès gratuit, mais obligation de s'enregistrer auprès des autorités du parc, et obligation de ramener ses déchets. L'enregistrement permet aussi de rappeler les règles élémentaires de comportement en milieu naturel. Prévoir aussi des contrôles de temps en temps et de fortes amendes si besoin.
Ce système ne restreindrai pas l'accès et fonctionne très bien dans de nombreux pays!

nimbus 13/02/2020 - 19h33

Connaissant bien la Vanoise et le Mercantour je ne vois pas comment mettre en pratique une entrée payante. Il ne faudrait pas confondre ces vastes espaces avec des parcs d'attractions clôturés. En outre quel est le budget global des parcs nationaux français ? Cela ne doit pas aller bien loin et rester dans les possibilités financières de notre pays. A comparer avec les sommes engagées dans les usines à ski.

LongueDistance 13/02/2020 - 21h30

@nimbus Non mais imaginons le coté pratique. J'arrive par la route, le truc officiel je raque, par contre voies détournées qui ne manquent pas heureusement, ce sont de vastes espaces et là c'est gratos: Promenades à deux vitesses. Cela va créer de la tension entre les visiteurs, de la suspicion et flinguer l'ambiance de calme et de sérénité, de décontraction que l'on est sensé apprécier dans ces endroits. Sensations aux effets bénéfiques sur la santé. Effets médicalement reconnus. Encore de la rigolade: Durée de validité, supplément pour visite nocturne avec photo du ciel étoilé et de la faune. Encore une idée loufoque, et l'espoir insensé du contrôle, de l'amende, de la civilité du peuple français. Organiser des patrouilles suffisamment nombreuses et équipées dans ces endroits, elles aussi elles flingueraient l'ambiance. "Vos billets s'il vous plait?!" Je suis le poinçonneur, du Mercantour...... Manquerait plus que les vendeurs à la sauvette pour compléter le tableau......

Zahnstocher 13/02/2020 - 19h54

Exactement comme il est actuellement interdit de s'y promener avec un chien : vous êtes pris avec, vous payez une amende. Et bien si vous n'avez pas de billet d'entrée, idem. Ceci dit, je suis complètement contre l'idée que la restriction de l'accès repose sur l'argent.

glg 13/02/2020 - 19h25

La réponse est oui, de manière évidente, moins en manière financière (quoique !) que pour que les visiteurs prennent en considération la réalité de ces Parcs, merveilles fragiles et menacées...

Ip30 13/02/2020 - 19h24

Nous faire payer l'accès à la nature car l 'État n' à plus les moyens !!! Allez on fait payer des impôts aux Balkany
et on peut Tous se promener gratuitement

LongueDistance 13/02/2020 - 19h15

Il se découvre petit à petit le visage de l'écologie, peu à peu le voile se lève: Taxes, taxes , taxes. TVA, CSG, CRDS et droit d'entrée maintenant. De sortie par la suite? Si l'entretient des parcs nationaux s'effectue uniquement par le biais des visiteurs, les taux des différentes taxes vont-ils baisser? Pour en revenir au cœur du sujet, payer pour accéder aux parcs naturels ça me ferait sacrément bizarre. Il y a un coté sacrément anachronique surtout dans l'Espace Schengen. J'étais en Savoie il y a quelques années, je m'imagine y retournant et devant m'arrêter pour payer un ticket d'entré à une sorte de garde barrière pour aller m'acheter un bon gros morceau de fromage à la ferme. J'y vois surtout les circonvolutions d'un État endetté plus capable d'accomplir ses missions de bases et ne sachant plus quoi inventer pour faire des économies de bouts de chandelles. Ou option forte valeur ajoutée type: Joconde CAD usine à photos. Je pose, hop photo. mais là, c logique touris à 2 vitesses

Olivier M 13/02/2020 - 21h22

Correction : le visage d'UNE écologie... on a affaire ces derniers jours à une vaste opération d'enfumage écologique, ce qui est autre chose. On détourne l'attention pour ne pas s'attaquer aux vrais problèmes... on veut mettre le Mont Blanc sous cloche (c'est aussi une marque, après tout!), la belle affaire ! Si on parlait plutôt - exemple parmi d'autres - de l'augmentation continue de l'usage des pesticides malgré x plans santé phyto + @ireallylikenature ? D'ailleurs non, qu'ils ne parlent plus, qu'ils agissent!

Dance Fly 13/02/2020 - 18h41

Commençons par redéfinir globalement la politique de protection de la biodiversité. On a beaucoup de mal à s'y retrouver entre les PN, les RBI, les RBD, le réseau Natura 2000, les trames vertes, les trames bleues...(Je vous laisse chercher sur le net la signification de ces sigles !). Ensuite interdisons toute forme de chasse dans chacune de ces zones de protection et limitons là drastiquement ailleurs (en réservant le statut de nuisible à un nombre très limité d'espèces et en l'interdisant pour les espèces menacées ainsi que les we et le mercredi). Dans les PN et les réserves intégrales limitons les activités humaines (comme l'élevage ovin) au strict minimum afin de laisser les milieux évolués par eux-mêmes. Enfin revoyons les missions des parcs en les orientant prioritairement vers des inventaires de biodiversité, du suivi d'espèces naturellement présentes ou réintroduites (ours, lynx...), des recherches en lien avec le RC...

Dance Fly 13/02/2020 - 19h06

Cependant ces missions, et toutes les autres, que les parcs doivent assurer ont un coût important et les parcs manquent de moyen et de personnel. L'idée de mettre en place un droit d'entrée peut être l'une des solutions. Mais ne faisons surtout pas payer le simple randonneur qui est généralement là pour découvrir la nature. Par contre on pourrait appliquer ce droit à toute personne motorisée traversant la zone coeur d'un parc, aux visites de sites exceptionnels (e.g. cirque de Gavarnie) ou de réserves intégrales....Bref il est sans doute possible d'appliquer un droit d'entrée de manière intelligente et qui procurera une source de revenu supplémentaire pour les parcs afin de remplir leur mission de protection de la biodiversité dans de meilleures conditions.

Pierre Robes 13/02/2020 - 18h37

Faire payer l'accès à ce qui, par définition, est commun, appartient à tout le monde et à personne, revient à continuer à tirer de l'argent des citoyens au nom d'une écologie largement dévoyée. Et pourquoi pas faire payer le droit de prendre l'air, comme ça les gens pourront sortir en fonction de leurs revenus !!! Et les mêmes parlent de "lutte contre les inégalités" tout en continuant à les accroître et les aggraver ! Décidément, la société "libérale" devient un véritable cauchemar.

Coyotl 13/02/2020 - 18h11

C'est fini la nature en libre service , c'était d'actualité il y 200 ans mais là c'est revolu.... L'entretien , la securité , les campagnes d'information , le PGHM qui va recuperer les égarés ou les cadavres, tout cela à un cout et chacun doit prendre ses responsabilités . Quand on les moyens d'aller magasiner au vieux campeur et à decathlon du materiel qu'on va utiliser 3 fois dans sa vie , on a les moyens de poser un billet pour l'entretien et la gestion de nos parcs d'autant que grosso modo tout le monde va aux memes endroits ... Il s'agit pas de capitalisme bla bla bla ... Quand vous avez 500 personnes / jour qui destroyent un sentier, un lac , un sommet , qui va faire le menage dans la nuit pour les 500 suivants du lendemain ???

Zahnstocher 13/02/2020 - 19h22

Je pense que votre colère est déplacée. Il faut bien entendu arriver à limiter l'accès à certains endroits. Mais cela ne doit pas se faire par l'argent. Prenons un exemple idiot qui vaut ce qu'il vaut. Il y a actuellement une mode formidable pour les trails, si bien que le nombre d'inscriptions aux plus fameux, comme l'UTMB doit être limité. Pour ce faire, un système de points marqués durant l'année lors d'autres compétitions a été instauré, on n'a pas bêtement mis les places aux enchères. Je suis certain qu'un système de régulation est possible, sans qu'il repose sur le fric.

tlmvpsp 13/02/2020 - 18h55

Qu'est ce qui empêche votre raisonnement de s'appliquer au trottoir, aux parcs urbains, aux allées, à notre Dame ?

LEONCE 13/02/2020 - 18h25

Ces randonneurs sont aussi des consommateurs qui font tourner l'économie locale (hotels, restau, musées, etc...) Cela risque d’entraîner une baisse du tourisme, et une concentration supérieure sur les sites déjà bien visités. Les gens iront la ou ils estime que c'est "rentable" (rapport coût/attraction)

Avant de contribuer

Bienvenue dans l’espace de discussion que Le Monde met à disposition de ses abonnés. Nous souhaitons y développer un débat ouvert et respectueux. C’est pourquoi :

  • Les contributions doivent respecter les limites de la liberté d’expression (pas de diffamation, pas d’injure, pas de propos discriminatoires…)
  • Toute contribution que Le Monde estime contraire à la bonne tenue du débat ne sera pas publiée.

Sachez que les propos que vous y tenez peuvent vous engager juridiquement. Pour en savoir plus sur les règles de l’espace de contributions du Monde, cliquez ici.

Pour contribuer à la discussion, vous devez être abonné.

Rejoignez une communauté de 300 000 abonnés pour explorer, analyser et débattre.

Abonnez-vous à partir de 1 €

Accédez à tous les contenus du Monde en illimité.

Faites avancer le débat en partageant votre point de vue.

Consultez le journal en version numérique et ses suppléments, chaque jour avant 13 heures.

Services