Avec 811 morts en Chine, le nouveau coronavirus devient plus meurtrier que le SRAS

L’OMS a estimé samedi que le nombre de cas de contamination relevés quotidiennement en Chine « se stabilise », même s’il est trop tôt pour en conclure que l’épidémie a dépassé son pic.

Le Monde avec AFP Publié le 09 février 2020 à 01h49 - Mis à jour le 09 février 2020 à 19h42

Temps de Lecture 5 min.

A Shanghaï, le port du masque dans les lieux publics est devenu obligatoire.
A Shanghaï, le port du masque dans les lieux publics est devenu obligatoire. NOEL CELIS / AFP

L’épidémie de coronavirus 2019-nCoV a fait 811 morts en Chine, devenant plus meurtrière que celle de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), qui avait fait 774 morts dans le monde entre 2002 et 2003, selon les derniers chiffres officiels publiés dimanche 9 février.

Le virus 2019-nCoV a tué 89 nouvelles personnes en Chine continentale (hors Hongkong et Macao), soit un nouveau record quotidien. On dénombre désormais 37 198 malades en Chine continentale et seuls deux morts – un aux Philippines et un à Hongkong – ont jusqu’à présent été recensés en dehors de ce territoire.

  • Contaminations en baisse ?

Un homme portant un masque à Shanghaï, le 8 février.
Un homme portant un masque à Shanghaï, le 8 février. NOEL CELIS / AFP

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé samedi que le nombre de cas de contamination relevés quotidiennement en Chine « se stabilise », même s’il est trop tôt pour en conclure que l’épidémie a dépassé son pic.

« Nous enregistrons une période de stabilité de quatre jours, où le nombre de cas rapportés n’a pas progressé. C’est une bonne nouvelle et cela pourrait refléter l’impact des mesures de contrôle qui ont été mises en place », a déclaré le responsable des programmes sanitaires d’urgence de l’OMS, Michael Ryan.

En Chine continentale, le nombre de cas confirmés était dimanche de 37 200, soit 2 600 cas supplémentaires par rapport au précédent bilan quotidien. Ce dernier chiffre est nettement inférieur aux près de 3 900 nouvelles contaminations annoncées mercredi par les autorités chinoises dans leur bilan quotidien.

Fin janvier, l’un des meilleurs spécialistes chinois des maladies respiratoires, Zhong Nanshan, avait estimé que l’épidémie pourrait atteindre un pic aux alentours du 8 février avant de commencer à refluer.

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  • Mesures drastiques en Chine

La situation sanitaire a poussé Hongkong à imposer une mesure drastique : depuis samedi, toute personne arrivant de Chine continentale doit s’isoler deux semaines chez elle, à l’hôtel ou dans tout autre hébergement. Les récalcitrants encourent six mois de prison.

Par ailleurs, des milliers de personnes confinées à bord d’un navire de croisière à Hongkong pendant cinq jours ont été autorisées à débarquer dimanche, les 1 800 membres de l’équipage ayant été testés négatifs au nouveau coronavirus. Les passagers n’ont pas eu besoin de subir des tests car ils n’avaient pas été en contact en janvier avec des vacanciers chinois porteurs du virus.

Les mesures de confinement restent par ailleurs strictes dans de nombreuses villes chinoises, où des dizaines de millions de personnes doivent rester calfeutrées chez elles. La métropole de Shanghaï, peuplée de 24 millions de personnes, est devenue samedi la dernière municipalité en date à imposer le port du masque dans les lieux publics.

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En visite cette semaine à Wuhan, la vice-première ministre chinoise, Sun Chunlan, a ordonné aux autorités locales d’adopter des mesures de « temps de guerre » pour rechercher les habitants atteints de fièvre en ratissant les quartiers.

La Banque centrale chinoise a par ailleurs annoncé, dimanche, qu’elle allait débloquer 300 milliards de yuans (environ 43 milliards de dollars) dès la semaine prochaine pour aider les entreprises impliquées dans la lutte contre l’épidémie de pneumonie virale qui frappe la Chine et a déjà contaminé des dizaines de milliers d’individus.

du coronavirus

Ce tableau présente les cas d'infections confirmées et les cas mortels de coronavirus dans le monde.

TotalSoit un total de :
  • Navires en quarantaine en Asie

Quelque 3 700 personnes sont confinées à bord du paquebot « Diamond Princess », au Japon, où le nombre de personnes contaminées continue d’augmenter, passant samedi à 64 cas.
Quelque 3 700 personnes sont confinées à bord du paquebot « Diamond Princess », au Japon, où le nombre de personnes contaminées continue d’augmenter, passant samedi à 64 cas. STR / AFP

De nombreux pays durcissent leurs mesures restrictives à l’encontre des personnes en provenance de Chine, et déconseillent les voyages dans ce pays, la France étant la dernière en date samedi. La plupart des compagnies aériennes internationales ont interrompu leurs vols vers la Chine continentale.

Dans le même temps, des milliers de voyageurs et membres d’équipage restent consignés sur deux navires de croisière en Asie. Au Japon, le nombre de personnes contaminées sur le paquebot Diamond Princess continue d’augmenter, passant samedi à 64 cas, dont une personne dans un état grave. Quelque 3 700 personnes à bord demeurent cloîtrées dans leurs cabines, alors que les médicaments commencent à manquer.

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  • Cinq nouveaux cas en France

L’épidémie continue de se propager dans le monde, et cinq nouveaux cas ont été repérés et hospitalisés sans signe de gravité en France, portant à onze le nombre de cas enregistrés dans le pays.

Ces cas représentent un cluster, c’est-à-dire un regroupement de plusieurs malades autour d’un « cas initial », un ressortissant britannique ayant séjourné à partir du 24 janvier, pour quatre jours, aux Contamines-Montjoie en Haute-Savoie, a annoncé samedi la ministre de la Santé. Ce Britannique revenait de Singapour, a précisé Agnès Buzyn devant la presse.

Ces cinq personnes positives au nouveau coronavirus – quatre adultes et un enfant – mais aussi d’autres « contacts proches » de ce Britannique, « soit 11 personnes au total, toutes de nationalité britannique », qui résidaient toutes dans le même chalet, ont été hospitalisées dans la nuit de vendredi à samedi à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, selon la ministre.

Une centaine de tests ont été réalisés sur les personnes ayant été en contact avec ces onze Britanniques.

  • Une trentaine de nouveaux rapatriés de Wuhan arrivés en France

Il s’agit de la troisième vague de rapatriés arrivés en France depuis la province chinoise du Hubei, après les quelque 180 personnes débarquées le 31 janvier et les 120 personnes ayant atterri à Istres le 2 février. Ces nouveaux rapatriés vont être placés en quarantaine pendant 14 jours, la durée maximale d’incubation du virus, à l’école nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (Ensosp) d’Aix-en-Provence, où quelque 80 personnes sont déjà confinées.

Selon les dernières précisions de la préfecture des Bouches-du-Rhône dimanche, ils seraient « 35 à bord, de nationalité française ». Tous les rapatriés de Carry-le-Rouet et d’Aix-en-Provence ont été testés à deux reprises depuis leur arrivée, et aucun d’entre-eux n’a contracté le coronavirus.

  • Un nom provisoire : « pneumonie à nouveau coronavirus »

L’OMS a annoncé que 82 % des cas répertoriés étaient considérés comme mineurs, 15 % graves et 3 % « critiques », moins de 2 % des cas s’avérant mortels. Le taux de mortalité de ce virus, nommé temporairement « 2019-nCoV », est pour l’heure très inférieur à celui du SRAS (14 %) qui avait contaminé 5 327 personnes en Chine.

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L’OMS avance avec prudence vers l’adoption d’un nom définitif pour l’agent infectieux, afin de ne stigmatiser ni le peuple chinois ni Wuhan. La décision devrait intervenir dans les prochains jours. En attendant, la Chine a annoncé samedi nommer provisoirement la maladie « pneumonie à nouveau coronavirus », lui donnant le sigle anglais officiel de NCP (pour novel coronavirus pneumonia).

En Hongrie, la police a annoncé samedi avoir démantelé un réseau de plusieurs dizaines de sites internet de fausses nouvelles qui prétendaient que des Hongrois étaient morts du coronavirus, dans le seul but d’attirer du trafic et de gagner de l’argent.

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